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    apic/Caritas/Belgique/Réfugiés/Bosnie

    Caritas Secours International juge "trop hâtive"

    l’évacuation des réfugiés musulmans de Bosnie (301195)

    Bruxelles, 30 novembre(APIC) Caritas Secours International, à Bruxelles,

    déplore l’évacuation "trop hâtive" des réfugiés musulmans de Bosnie. Le

    camp de Savudrija, érigé en 1992 à leur intention par le gouvernement belge, était géré depuis janvier 1993 par Caritas Secours International.

    Le 4 octobre dernier, deux groupes de 80 réfugiés ont été évacués en direction de Korenica et, vingt jours plus tard, quelque 600 personnes réparties en deux groupes ont été transférées à Drvar où elles devraient s’installer. Les derniers réfugiés ont quitté le camp le 16 novembre pour Gracac, Benkovac et Chaplijna.

    Ces trois dernières années, le camp de Savudrija a hébergé jusqu’à 2’500

    réfugiés à la fois. Début octobre, il comptait encore 110 personnes. Caritas y organisait la distribution de nourriture et se chargeait de l’entretien des pavillons en bois, construits à l’origine pour résister seulement

    à un seul hiver.

    Selon les informations qu’elle a pu accumuler ces derniers mois, Caritas

    Secours International a quelques raisons de s’inquiéter des "nouvelles"

    conditions de vie réservées aux réfugiés qui ont quitté Savudrija.

    "Les nouvelles destinations ne sont bien souvent rien de plus que des

    maisons en ruine ou des quartiers de villes dépourvus de tout équipement,

    précise Johan Ketelers, porte-parole de Caritas à Bruxelles. Les habitations ne sont pas attribuées aux nouveaux arrivants et les réfugiés peuvent

    s’installer là où ils le désirent. La plupart du temps, ils s’installent

    dans des maisons détruites qui appartenaient à des Serbes. On ne délivre

    pas de titre de propriété aux nouveaux habitants.

    "Ils sont sans électricité, ne peuvent capter l’eau parfois qu’à un unique point de distribution, sont logés dans des maisons dont le toit est

    complètement détruit ou dans des logements qui ne sont plus que ruines. Ces

    Croates bosniaques sont à nouveau dépendants des secours. Mais, comme ils

    ont perdu le statut de réfugiés ou de personne déplacées, les secours officiels leur sont refusés. A défaut d’un statut adéquat pour ces personnes,

    c’est Caritas Croatie qui se chargera de leur venir en aide".

    Caritas déplore donc cette "décision d’évacuation trop hâtive". Elle

    estime que l’on aurait pu la reporter à la fin de l’hiver. "Même si les

    personnes concernées sont logées plus près de chez elles qu’auparavant et

    aspirent au retour, elles ont conscience de ne pas pouvoir rentrer dans

    l’immédiat, parce qu’elles ont été chassées de leurs maisons par des Musulmans et non par des Serbes", indique en conclusion l’organisation catholique. (apic/cip/pr)

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