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    apic/Caire/Position Suisse/ Vatican

    Conférence du Caire: La Suisse insistera (020994)

    sur le respect des principes éthiques

    La position suisse n’est pas celle du Vatican

    Berne, 2septembre(APIC) La délégation suisse défendra le respect des valeurs éthiques fondamentales lors de la Conférence mondiale sur la population et le développement qui s’ouvre lundi du Caire. Elle ne partage cependant pas tous les points de vue du Saint-Siège, a-t-on appris vendredi à

    Berne. Une position vaticane sévèrement critiquée par la conseillère nationale Elisabeth Caspar-Hutter, présidente de l’Association suisse de planning familial et d’éducation sexuelle, qui représentera les ONG au Caire.

    Présentant à la presse le mandat confié par le Conseil fédéral à la délégation suisse qu’il dirigera au Caire, Jean-François Giovannini, responsable de la DDA, a souligné que pour la Suisse, si l’équilibre et la sécurité du monde nécessitent bien une maîtrise de la croissance démographique,

    les modes de production et de consommation des pays du Nord "provoquent de

    plus réels dangers". Une prise de conscience renforcée par la Conférence de

    Rio de 1992 sur l’environnement et développement, admet le directeur suppléant de la Direction de la coopération au développement et de l’aide humanitaire (DDA).

    La Suisse préconise une approche large en matière démographique: il ne

    s’agit pas seulement de mettre à disposition des services de planification

    familiale, mais également de permettre l’accès généralisé des femmes à des

    soins primaires efficaces, la généralisation de l’éducation (en particulier

    la scolarisation des filles), l’amélioration de la situation socio-économique de la femme, la lutte contre les discriminations dont elle est victime.

    En matière d’avortement, la Suisse ne considère pas l’interruption volontaire de grossesse comme une méthode de planification des naissances,

    mais reste pragmatique quand la santé de la mère est concernée. C’est

    d’ailleurs au chapitre de la santé maternelle qu’apparaît l’avortement dans

    le document préparatoire, note Jean-François Giovannini. Car, insiste-t-il,

    les avortements à risques causent la mort de 100 à 200’000 femmes par année. Et de toute façon le document du Caire ne prévoit pas une légalisation

    de l’avortement. De son côté, la Suisse mettra l’accent sur la prévention

    de l’avortement.

    En matière de migration, la Suisse ne pense pas qu’elle puisse être une

    solution aux problèmes démographiques, les Etats souverains devant pouvoir

    déterminer eux-mêmes leur politique migratoire. Au lieu de prôner un droit

    à la migration, il s’agit plutôt d’améliorer les situations politiques et

    économiques qui provoquent les migrations mondiales, par la promotion des

    droits de l’homme et d’un nouvel ordre économique international.

    Divergences avec le Saint-Siège

    La Suisse ne partage pas le point de vue du Vatican en matière de contraception, d’information sexuelle à destination des adolescents ou de campagnes de prévention du sida. Jean-François Giovannini a relevé que la

    Suisse ne soutient pas non plus les positions de pays qui (comme la Chine

    ou l’Inde, nda), considérant que la situation est tellement grave, adoptent

    des mesures autoritaires et pénalisantes pour limiter les naissances. Dans

    ce domaine, c’est aux personnes concernées de choisir librement les

    méthodes de planification familiale qu’elles veulent adopter. Pas question

    donc de lier l’octroi d’une aide au développement à l’adoption de mesures

    de limitation des naissances!

    "Nous avons réussi à faire inscrire dans le texte du document préparatoire des principes éthiques de dignité humaine", précise-t-il, car si la

    planification des naissances est indispensable, elle ne peut en aucun cas

    être la seule réponse à la croissance démographique. Et surtout, "toute mesure de coercition non seulement porte une grave atteinte aux droits de la

    personne, mais est encore contre-productive à long terme", provoquant le

    rejet de toute planification familiale.

    Saluant l’état d’esprit positif avec lequel les organisations non gouvernementales (ONG) peuvent collaborer avec la Confédération, la parlementaire socialiste saint-galloise Elisabeth Caspar-Hutter, qui a participé

    aux travaux préparatoires à New York, a déploré "l’épreuve de force" suscitée par l’intervention du Vatican, qui a trouvé des alliés chez certains

    petits Etats latino-américains et chez les fondamentalistes islamiques. Et

    de regretter que tous les aspects positifs apportés aux femmes par ce document soient gommés par la polémique sur l’avortement.

    En effet, à New York, le "lobby féministe" avait marqué des points, notamment contre les abus de certaines campagnes de limitation des naissances

    qui ne respectaient pas les droits et la dignité des femmes. Il s’agit désormais, pour la parlementaire saint-galloise qui participera à la Conférence du Caire, de se concentrer sur ces problèmes essentiels. La polémique

    sur l’avortement, déplore-t-elle, a fait passer au second plan le deuxième

    aspect du programme du Caire, qui concerne la justice sociale, les inégalités dans les rapports Nord-Sud, le pillage des ressources du Sud et le gaspillage des pays du Nord. (apic/be)

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