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    apic/Burundi/ Nouvel assassinat d’un prêtre/Eglise visée

    Burundi:Nouvel assassinat d’un prêtre catholique (200995)

    Enlevé par des militaires pendant qu’il célébrait la messe

    Bruxelles/Bujumbura, 20septembre(APIC) Un prêtre catholique hutu, l’abbé

    Maximilien Bitariho, a été enlevé dimanche 17 septembre par des militaires

    burundais pendant qu’il célébrait la messe à Masango, dans la province de

    Bubanza, à la frontière avec le Zaïre. C’est le 9e prêtre catholique victime d’un attentat au Burundi ces trois derniers mois et le 5e qui est tombé

    sous les coups des extrémistes ou de l’armée.

    Le cadavre de l’abbé Bitariho a été retrouvé dans les toilettes de la

    paroisse, transpercé par les baïonnettes, annonce mercredi le Bulletin

    d’Information Africaine ANB-BIA édité par un groupe de Pères Blancs à Bruxelles. Un autre prêtre, Salvator Ntibandetse, collaborateur de Mgr Simon

    Ntamwana, archevêque de Bujumbura, a également failli être tué et il doit

    se cacher en permanence. Il semble bien que les milieux extrémistes au Burundi essayent ainsi de déstabiliser l’Eglise et d’éliminer des "témoins

    gênants".

    L’Eglise dans le collimateur des extrémistes?

    Les 5 et 7 juillet derniers, deux prêtres et un catéchiste, ont été assassinés par des extrémistes tutsis, les "sans échecs". Il s’agit de l’abbé

    André Havyarimana, curé de Rwisabi, tué le 5 juillet en compagnie du cuisinier du presbytère. Au cours d’une visite dans un camp de réfugiés, l’abbé

    André Havyarimana avait déjà vu son catéchiste se faire éjecter de sa voiture, puis lyncher.

    Le 7 juillet, c’est l’abbé Anastase Bigurie, curé de Cibitoke et son catéchiste qui sont tombés entre les mains des extrémistes. Les deux hommes

    ont été arrêtés sur la route à hauteur du cimetière de la paroisse par des

    tutsis radicaux venus enterrer un des leurs. Les deux occupants tutsis qui

    voyageaient avec l’abbé Bigurie ont été relâchés. Le prêtre et son catéchiste ont alors été conduits dans un bosquet proche, où se trouvaient déjà

    une dizaine de cadavres. L’abbé Bigurie et le catéchiste ont été frappés à

    coups de couteau et sont morts.

    Un troisième prêtre, Jacques Ntamitalizo, religieux salésien rwandais, a

    également été retrouvé tué dans la capitale burundaise le 11 juillet tandis

    qu’un quatrième, l’abbé Michel Sinankwa, hutu, responsable du Bureau pour

    le développement du diocèse de Bujumbura, était abattu par trois jeunes le

    21 août, dans le quartier de Ngagara, devenu tutsi après la "purification

    ethnique" qui affecte plusieurs quartiers de la capitale du Burundi.

    Un autre prêtre, l’abbé Zacharie Nduwimana, curé de Ntega, a été tué le

    27 avril dernier. Après les massacres d’octobre 1993, qui avaient coûté la

    vie notamment à quatre prêtres et à trois religieuses, ainsi qu’à plusieurs

    catéchistes, l’Eglise catholique a eu à déplorer en 1994 de nombreuses autres victimes. Outre l’assassinat du curé de Gihanga, plusieurs catéchistes

    ont perdu la vie. Quatre évêques ont échappé à des attentats. Des attaques

    ont été perpétrées durant les offices religieux contre une dizaine d’églises et de chapelles, faisant chaque fois plusieurs victimes.

    Plusieurs témoignages rapportent que des assassinats sont commis avec la

    complicité de membres des forces de l’ordre. Selon des responsables chrétiens burundais, il est difficile cependant de préciser dans quelle mesure

    les prêtres, les religieuses et les catéchistes sont une cible privélégiée

    pour les groupes extrémistes tutsis. En cherchant à être impartiale et en

    prêchant la tolérance, l’Eglise ne se fait guère d’amis auprès des factions

    extrémistes. La presse, la radio et la télévision burundaises multiplient

    depuis quelque temps les commentaires polémiques à l’égard de l’Eglise catholique, remarquent les observateurs. (apic/bia/be)

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