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    apic/Burundi/Mgr Ntamwana/Réconciliation/Assassinat de Mgr Ruhuna

    Burundi:Malgré le chaos, des signes d’espérance (200996)

    L’Eglise poursuit sa campagne de réconciliation, affirme Mgr Ntamwana

    Bujumbura, 20septembre (APIC/Jacques Berset) "Nous sommes toujours sous le

    coup terrible de l’assassinat de notre archevêque, mais nous continuons

    notre travail de réconciliation entre les communautés", a déclaré vendredi

    à l’APIC Mgr Simon Ntamwana, au lendemain de l’enterrement de l’archevêque

    de Gitega. Mgr Joachim Ruhuna a été abattu le 9 septembre dans une embuscade tendue par des rebelles hutus. Au milieu du chaos et des tueries, des

    signes d’espérance pourtant demeurent.

    "Avec cet assassinat, on est arrivé à l’impensable: quand on ne peut même plus respecter une personne qui était le père de tous, qui a essayé

    d’être un homme de réconciliation, qui a sauvé des gens de toutes les communautés....", déclare encore sous le coup de l’émotion Mgr Simon Ntamwana.

    "Purification ethnique"

    Malgré la "purification ethnique", les massacres et les représailles qui

    ont détruit le tissu social et souvent divisé les communautés chrétiennes

    sur des bases ethniques, l’Eglise continue son travail de réconciliation.

    Mgr Ntamwana lui-même, qui ne se déplace plus depuis le 17 février 1995

    (après une tentative d’assassinat) qu’accompagné d’une petite escorte militaire "tout à fait symbolique", continue à se rendre dans les paroisses, en

    pèlerin de la paix et de la réconciliation. "On sort dans les collines malgré les risques... les routes sont constamment sous la menace des bandes

    armées".

    "Il faut absolument aller dans les communautés, leur dire l’Evangile de

    l’amour, du pardon, de la réconciliation, l’Evangile de la vie... Malgré

    tout, je suis le pasteur de toute cette communauté divisée en deux, le pasteur de cette Eglise qui souffre et qui est désorientée". L’Eglise a mis

    sur pied deux importants programmes de réconciliation qui ont pour but de

    susciter le pardon mutuel. Il s’agit également de reconstituer et de ressouder les communautés de base dans tous les diocèses. "Tous les évêques du

    Burundi poursuivent ce programme avec assiduité et tirent à la même corde".

    Signes d’espoir à Kinama et Kivoga

    Grâce à l’action de longue haleine de l’Eglise, dans une ville de Bujumbura quasiment "purifiée ethniquement", l’on trouve un quartier - Kinama où Tutsis et Hutus ont recommencé à vivre ensemble. "Depuis le retour des

    déplacés, ils vivent ensemble, et la dégradation de la situation au plan

    national n’a pas remis en cause le programme de réconciliation à Kinama".

    Ce n’est pas le seul endroit où le programme de réconciliation de

    l’Eglise a permis que la situation se stabilise. "A Kivoga, une communauté

    de plus de 50’000 âmes dans la province de Muramvya, les gens sont restés

    ensemble malgré les attaques qui se déroulent autour d’eux. Grâce aux efforts de la paroisse, Hutus et Tutsis cohabitent après s’être entretués par

    deux fois depuis 1993".

    Octobre, "mois du dialogue"

    L’Eglise catholique au Burundi a décidé de faire du mois d’octobre "le

    mois du dialogue" à travers la prière de l’adoration du Saint-Sacrement,

    dans toutes les paroisses du pays. Mgr Ntamwana considère que c’est également la mission de l’Eglise de faire appel à la conscience des extrémistes

    armés pour que cesse le bain de sang. Sans vouloir préciser le genre de

    contacts entretenus avec les protagonistes de la lutte armée, l’évêque de

    Bujumbura affirme qu’on ne peut pas les laisser, "ce sont nos chrétiens,

    nous ne pouvons pas les laisser de côté". (apic/be)

    Encadré

    L’Eglise désigne les assassins de Mgr Ruhuna:des bandes armées hutues

    Bujumbura, 20septembre (APIC) Pour l’Eglise catholique du Burundi, ce sont

    bien les rebelles hutus qui ont assassiné le 9 septembre Mgr Joachim Ruhuna, archevêque de Gitega. C’est un fait qui crève les yeux, a confirmé mercredi à Bujumbura, le président de la Conférence épiscopale, Mgr Bududira.

    Après la découverte du corps de Mgr Ruhuna mardi, la mise en terre a

    donné lieu jeudi à une seconde célébration dans la cathédrale de Gitega,

    après celle des obsèques solennelles mardi.

    Mgr Bududira appuie ses accusations sur les déclarations de quatre témoins qui se trouvaient dans le véhicule de Mgr Ruhuna lorsqu’il a été attaqué. La conductrice du véhicule, comptable du diocèse, et deux jeunes

    filles ont été capturées et enmenées dans un camp de rebelles. Elles ont

    été libérées grâce à l’entremise d’un prêtre et après payement d’une rançon

    d’une valeur de 80 francs.

    Les corps de Mgr Ruhuna et de la deuxième religieuse assassinée, Soeur

    Irénée, ont été retrouvés dans une fosse commune au flanc de la colline

    Mwumba, près du confluent des rivières Mubarazi et Karehe, sur les indications de la population locale, après que des tirs des "groupes armés" aient

    tenté d’empêcher les militaires de les exhumer et de les transporter.

    Comme les recherches avaient jusque là été vaines, les évêques avaient

    décidé de procéder aux obsèques en l’absence des corps le mardi 17 septembre. Plus de dix mille personnes ont assisté à la messe présidée dans la

    cathédrale de Gitega par l’envoyé spécial du pape, le cardinal Tomko, en

    concélébration avec le nonce apostolique, le Suisse Mgr Emil Paul Tscherrig, tous les évêques du Burundi et une centaine de prêtres. (apic/cic/cipmp)

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