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    apic/Burundi/appel des évêques/seule la conversion du coeur/apporte la paix

    Burundi:Les évêques lancent un nouvel appel à la paix (040396)

    Impossible sans la "conversion du coeur"

    Bujumbura/Bruxelles, 4mars(APIC) Les évêques du Burundi, constatant la

    poursuite de la guerre fratricide qui ensanglante leur pays depuis deux ans

    et demi, soulignent dans leur lettre de Carême 1996 que "sans une vraie

    conversion du coeur, la paix est impossible".

    Le message en kirundi, publié lundi en français par le Bulletin d’Information Africaine (BIA) à Bruxelles, commence par rappeler que parmi les

    causes principales du désordre social qui détruit le Burundi, "il y a le

    non-respect des commandements de Dieu, la transgression délibérée de la loi

    de notre pays". Les évêques du Burundi supplient encore une fois les belligérants "de déposer les armes et de couper court à toute pratique de violence et d’intimidation".

    Seul le dialogue entre tous les Burundais peut ramener la paix

    C’est pourquoi les évêques demandent de dénoncer sans complaisance tout

    port illégal d’armes et l’entraînement para-militaire. "Personne n’est sans

    ignorer, écrivent-ils, les horreurs occasionnées par la prolifération d’armes à feu dans tout le pays, sans épargner même leurs propriétaires. Au début, ils visaient leurs ennemis présumés, mais nous constatons que c’est

    tout le Burundi qui en pâtit. Le leitmotiv de nos différents messages, et

    que nous maintenons, c’est que seul le dialogue entre tous les Burundais

    nous mènera à la paix."

    Tuer pour piller les biens d’autrui sous prétexte d’action politique

    Les évêques demandent ici au gouvernement de "trouver le plus rapidement

    possible un cadre qui réunit tous les Burundais qui se font la guerre", ce

    qui est du reste sa "mission primordiale". "Malédiction", "honte", "abomination", "bassesse": les évêques n’ont pas de mots assez durs pour stigmatiser l’attitude "des baptisés (qui) osent ôter la vie à leurs frères chrétiens et à toute personne humaine, oubliant qu’ils portent atteinte à la

    vie d’un enfant de Dieu". Certains tuent sous prétexte de défendre leur

    ethnie, mais, par ailleurs, "ils n’épargnent pas tous ceux qui refusent

    d’adhérer à leur idéologie maléfique d’extermination et ceux dont ils veulent piller les biens". D’autres tuent par vengeance, d’autres encore en

    usant mal de leur autorité (les militaires).

    D’autres "crimes" sont à combattre, comme le pillage des biens d’autrui:

    "Suite à l’impunité, même ceux qui volaient en cachette n’hésitent plus à

    le faire, à main armée, en plein jour, sous l’étiquette d’une action politique. Certains terrorisent la population pour la forcer à fuir afin de

    piller en toute quiétude leurs biens. (...) Cela n’a rien d’héroïque: c’est

    un vol honteux."

    Un coeur nouveau

    Pour que le pays sorte du marasme politique, les Burundais ont besoin

    d’un coeur nouveau que Dieu seul peut leur donner. "Des discours d’accusation mutuelle ou de condamnation de l’autre ne constituent en aucun cas la

    voie du salut. Au contraire, ils détruisent ce que l’on voudrait sauver.

    Nous avons tous besoin d’une vraie conversion", souligne le message, qui

    conclut que les vrais chrétiens oeuvrent pour déceler le mal qui est en eux

    d’abord et contribuent d’autant à trouver ensemble des voies pour en sortir. (apic/cip/bia/be)

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