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    apic/Burundi/Appel à la réconciliation/Mgr Ntamwana/Massacres/ONU

    Burundi:Mgr Simon Ntamwana, évêque de Bujumbura, lance (111296)

    un vibrant appel à la réconciliation à l’occasion de Noël

    1’200 civils massacrés par l’armée en octobre et novembre, selon l’ONU

    Genève/Bujumbura, 11décembre (APIC) Tandis qu’à Genève le Centre des

    droits de l’homme de l’ONU annonce mercredi que plus de 1’200 civils ont

    été massacrés par l’armée au Burundi pour les seuls mois d’octobre et de

    novembre, l’Eglise catholique lance une nouvelle fois un appel pressant à

    la réconciliation à l’occasion des préparatifs de Noël.

    Dans son message de Noël, intitulé "Seul l’amour donne la vie" - un vibrant plaidoyer pour le dialogue et la réconciliation entre Hutus et Tutsis, déchirés par des rivalités ethniques qui ensanglantent le pays - Mgr

    Simon Ntamwana, évêque de Bujumbura affirme envers et contre tout qu’il est

    possible d’aimer son ennemi, "mon tueur, le tueur des personnes qui me sont

    chères".

    "Négocier pour enterrer la hache de guerre"

    "Chers compatriotes, écrit Mgr Ntamwana, Noël vient nous tirer du sommeil haineux qui nargue, avec indifférence, la volonté de dialogue entre

    les Burundais". Dénonçant "ceux qui sèment la guerre les uns contre les autres", il demande à tous les Burundais de se hâter à cette "tâche héroïque", "la plus illustre que vous puissiez accomplir": dialoguer, "négocier

    pour enterrer la hache de guerre".

    Interpellant en particulier les jeunes, qui sont souvent aux avant-postes des combats et des tueries, qu’ils soient le fait des soldats ou des

    bandes armées, Mgr Ntamwana rappelle que le message d’amour de Noël, "ce

    message de l’amour qui sème et respecte la vie", leur est particulièrement

    adressé. "Que n’avons-nous pas fait pour vous rappeler la valeur extrême de

    la vie? En vous souhaitant une sainte fête de Noël, je voudrais vous voir

    doubler d’efforts de réconciliation pour que vous soyez les premiers temoins du Christ né pour être notre paix. Multiplions des gestes qui parlent

    de lui, qui rendent compte de notre espérance, que nous sommes tous un à

    cause du baptême".

    Il existe des Hutus et des Tutsis qui s’aiment

    "Noël nous dit que l’amour est vainqueur. Voila pourquoi nous devons

    nous libérer des haines meurtrières qui opposent beaucoup de nos gens, car

    je peux vous montrer, ici et maintenant, des Hutus et des Tutsis qui s’aiment véritablement et veulent ainsi mourir, s’il le fallait. Et ils ont

    raison. Car la haine conduit à la mort. Certains avaient douté de l’existence de l’enfer! Eh bien, ceux qui se laissent entraîner dans la haine, et

    en vivent, démontrent par trop que l’enfer est une réalité qui est conséquente à tout refus total d’aimer. Quand la haine s’installe, suivent la

    guerre et son cortège de maux. Rien ne va plus! Rien ne vaut plus. Rien ne

    vit plus. Tu hais, alors tu tues et tu es "génocidaire", malgré les apparences que tu te donnes! Car tu supprimes, avec une seule personne qui

    meurt a cause de toi, l’unique figure, l’unique individu que l’amour de

    Dieu a créé. Tu hais, alors tu as "la mort dans l’âme" (Jean-Paul Sartre):

    tu es déjà mort!"

    Un rapport de l’ONU alarmant

    Le rapport de l’ONU publié mercredi à Genève rappelle que les massacres

    continuent malgré la présence d’observateurs de l’ONU. La situation au Burundi est alarmante, selon l’ONU. Elle s’est encore aggravée en novembre.

    Des accrochages très graves ont eu lieu ces dernières semaines dans les régions de Cibitoke, Gitega, Ruyigi et Bujumbura. Outre les assassinats de

    civils, le nombre des disparitions a fortement augmenté ainsi que celui des

    arrestations arbitraires commises par l’armée, note le rapport de l’ONU.

    Parmi les pires atrocités de ces derniers mois, on mentionne le massacre

    de Murambi, qui a coûté la vie le 21 octobre dernier à plusieurs centaines

    de personnes - de 258 à 400 victimes, selon les sources -. Il s’agissait de

    réfugiés hutus qui rentraient du Zaïre. Le 31 octobre dernier, à Rumonge,

    dans la province de Bururi, 123 autres personnes- également des Hutus rentrés d’exil - sont tombées sous les balles de l’armée gouvernementale burundaise. (apic/bia/be)

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