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    apic/Burundi/ 3 prêtres assassinés

    Burundi: Trois prêtres et un catéchiste assassinés(140795)

    L’Eglise dans le collimateur des extrémistes?

    Bruxelles/Bujumbura, 14juillet(APIC/CIP) L’Eglise catholique du Burundi a

    perdu le 5 et le 7 juillet deux de ses prêtres et un catéchiste, assassinés

    par des extrémistes tutsis, annonce le Bulletin d’Information Africaine

    (BIA), à Bruxelles. Un troisième prêtre, religieux salésien rwandais, a

    également été retrouvé tué dans la capitale burundaise le 11 juillet.

    L’abbé André Havyarimana, curé de Rwisabi, a été tué le 5 juillet ainsi

    que le cuisinier du presbytère. Le vicaire de la paroisse a réussi, quant à

    lui, à s’enfuir. Des observateurs se demandent si ce double assassinat

    n’avait pas pour but de réduire au silence le curé de Rwisabi et ses collaborateurs immédiats. Au cours d’une visite dans un camp de réfugiés, en effet, l’abbé André Havyarimana avait vu son catéchiste se faire éjecter de

    sa voiture, puis lyncher.

    Le 7 juillet, c’est l’abbé Anastase Bigurie, curé de Cibitoke et son catéchiste qui sont tombés sous les mains des extrémistes. Les deux hommes

    ont été arrêtées sur la route à hauteur du cimetière de la paroisse par des

    Tutsis radicaux venus enterrer un des leurs. Les deux occupants tutsis qui

    voyageaient avec l’abbé Bigurie ont été relâchés. Le prêtre et son catéchiste ont alors été conduits dans un bosquet proche, où se trouvaient déjà

    une dizaine de cadavres. L’abbé Bigurie et le catéchiste ont été frappés à

    coups de couteau et laissés pour morts.

    Des enfants ont ensuite averti des militaires de passage qui ont remarqué que le prêtre vivait encore et, sans savoir de qui il s’agissait, l’ont

    transporté à Gihanga, puis à Bubanza. Mais l’abbé Bigurie est mort à son

    arrivée à l’hôpital. Il avait 34 ans.

    De nombreuses victimes depuis 1993

    Un autre prêtre, l’abbé Zacharie Nduwimana, curé de Ntega, avait déjà

    été tué le 27 avril dernier. Après les massacres d’octobre 1993, qui avaient coûté la vie notamment à quatre prêtres et à trois religieuses, ainsi

    qu’à plusieurs catéchistes, l’Eglise catholique a eu à déplorer en 1994 de

    nombreuses autres victimes. Outre l’assassinat du curé de Gihanga, plusieurs catéchistes ont perdu la vie. Quatre évêques ont échappé à des attentats. Des attaques ont été perpétrées durant les offices religieux contre une dizaine d’églises et de chapelles, faisant chaque fois plusieurs

    victimes.

    Plusieurs témoignages rapportent que des assassinats sont commis avec la

    complicité de membres des forces de l’ordre. Selon des responsables chrétiens burundais, il est difficile cependant de préciser dans quelle mesure

    les prêtres, les religieuses et les catéchistes sont une cible privélégiée

    pour les groupes extrémistes tutsis.

    En cherchant à être impartiale et en prêchant la tolérance, l’Eglise ne

    se fait guère d’amis auprès des factions extrémistes. La presse, la radio

    et la télévision burundaises multiplient depuis quelque temps les commentaires polémiques à l’égard de l’Eglise catholique, remarquent les observateurs. Ils craignent que ces invectives ne préludent à une remise en

    oeuvre d’un vaste projet anti-ecclésial par des nostalgiques du général Bagaza, ancien président burundais renversé en 1987 et qui avait persécuté

    l’Eglise. (apic/cip/mp)

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