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    apic/Belgique/ polémique/réfugiés économiques/réplique "Justice et Paix"

    Le texte contient 52 lignes (max. 75 signes), 569 mots et 3774 signes.

    Belgique: Polémique sur les réfugiés "économiques" (210196)

    "Justice et Paix" s’insurge contre la réaction du

    Commissaire aux réfugiés à une déclaration des évêques

    Bruxelles, 21janvier(APIC) La Commission catholique "Justice et Paix" de

    Belgique francophone n’est pas contente. Elle réplique à Marc Bossuyt, Commissaire général belge aux réfugiés, qui réfutait une déclaration des évêques du pays sur les réfugiés "économiques". "Justice et Paix" affirme au

    contraire que le message des évêques est "réaliste et courageux"

    Marc Bossuyt se livrait, le 5 janvier dernier, dans les colonnes du

    journal "Le Soir" à une critique de la déclaration "Migrants et réfugiés

    parmi nous", publiée par les évêques du 7 novembre 1995, où ils écrivent

    notamment: "Le danger de mourir de faim, pour ceux qu’on appelle les réfugiés économiques, ne diffère pas essentiellement du danger de mort résultant de persécutions pour des motifs politiques ou religieux".

    Prenant le contre-pied de cette affirmation, le Commissaire général défendait la distinction entre les réfugiés au sens de la Convention de Genève et les autres: les réfugiés "économiques", à savoir "les étrangers qui,

    pour toute autre raison, ont quitté leur pays d’origine alors que rien ne

    s’oppose à leur procurer une assistance dans ce pays" et que "les mêmes

    moyens permettraient d’aider là-bas bien plus de personnes que dans notre

    propre pays".

    Une bonne question

    "Les choses sont-elles aussi simples?", demande alors André Lambert,

    président de "Justice et Paix". Quand les évêques abordent la question des

    réfugiés "économiques", observe-t-il, ils "ne dénigrent en rien le bienfondé de la Convention de Genève, ni du rôle précis que ce texte doit jouer

    aujourd’hui vis-à-vis des Etats signataires. Mais les évêques posent à juste titre la question de savoir si, compte tenu des déséquilibres économiques et sociaux flagrants entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest,

    la politique d’admission sur notre territoire pourra à l’avenir être définie dans le seul cadre des critères de ladite Convention".

    Une question que "Justice et Paix" juge "pertinente" et face à laquelle

    les arguments de M. Bossuyt "paraissent bien simplistes". "Rétorquer, insiste André Lambert, qu’il n’existe pas de critères en matière d’accueil

    pour raison économique, que les inégalités Nord-Sud ne seront pas résolues

    en accordant l’asile, que les personnes qui peuvent "se permettre" d’entreprendre un voyage pour l’Europe ne sont pas celles qui ont le plus besoin

    d’aide, que notre système d’aide sociale n’est pas prévu pour prendre en

    charge "les nécessiteux du monde entier", relève d’une démagogie facile.

    Un texte réaliste et courageux

    Sur cette question, la déclaration des évêques est à la fois "réaliste,

    et courageuse". Réaliste, pense "Justice et Paix", quand elle dit que personne n’aime quitter son pays mais que bien des gens y sont contraints. La

    meilleure réponse à la question migratoire est de créer de meilleures conditions de vie dans les pays d’origine. Compte tenu de la situation mondiale, chacun sait que les résultats d’une telle politique ne se verront qu’à

    plus ou moins long terme (en supposant que cette politique soit réellement

    en démarrage), relève la Commission.

    Il faut, écrivent les évêques, "collaborer au développement économique

    des pays qui en ont besoin par le biais de la solidarité internationale,

    par des relations commerciales plus justes, par la formation et par l’allégement des dettes, en faisant respecter les droits de l’homme". La déclaration épiscopale est enfin courageuse, ajoute la Commission, car elle stigmatise en Europe de l’Ouest la tendance à fermer de plus en plus les frontières aux réfugiés (apic/cip/ba)

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