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    Bruxelles: Rencontre des missionnaires en congé

    apic/Belgique/Missionnaires en congé

    L’Afrique toujours au centre des témoignages (090796)

    Bruxeles, 9juillet(APIC) Sept cents années consacrées à la mission: c’est ce que totalisent la vingtaine de missionnaires qui

    ont pris part à Bruxelles, en ce début de vacances, à la traditionnelle journée des missionnaires en congé. Des missionnaires

    qui ont témoigné de la réalité vécue au quotidien, au Rwanda, au

    Zaïre ou ailleurs dans le monde.

    Guy Theunis, missionnaire d’Afrique de retour du Rwanda, a

    montré la complexité de la situation douloureuse de ce pays, trop

    souvent réduite à un simple conflit entre ethnies rivales. Il a

    souligné les efforts déjà réalisés pour remettre en route une série d’institutions, notamment les écoles, mais aussi les graves

    problèmes qui continuent de menacer la paix: le désir de vengeance, le nombre important de prisonniers en attente de jugement,

    l’inefficacité (voire l’inexistence) du système judiciaire, ou

    encore le dramatique problème des quelque deux millions de réfugiés toujours à l’étranger.

    G. Theunis a évoqué ensuite la situation de l’Eglise au Rwanda. Divisée en raison des rapports qu’une partie de sa hiérarchie

    a entretenus avec l’ancien régime, elle est victime d’une nouvelle campagne de dénigrement qui voudrait lui faire jouer, du fait

    notamment de ses missionnaires, un rôle majeur dans le génocide.

    En attendant, elle a un rôle très important à jouer dans la reconstruction - surtout sociale - d’un pays où 90 % sont chrétiens. Elle le jouera à condition de faire elle même l’unité en

    son sein et de se remettre en question. Le plus urgent est le retour à la paix dans un pays qui vit toujours dans une logique de

    guerre. Pour y arriver, a souligné G. Theunis, il faut oeuvrer

    pour la justice, mettre fin à l’impunité et donc trouver la voie

    de la vérité, "quitter cette énorme charge émotionnelle qui pèse

    de tout son poids sur les problèmes jusqu’à les déformer et les

    rendre impossibles".

    Le sacrement de l’amitié

    Trois autres missionnaires d’Afrique de retour du Rwanda ont

    évoqué ce pays. Apportant un témoignage concret sur la campagne

    de dénigrement dont venait de parler G. Theunis, André Comblin a

    raconté comment il avait été arrêté, emprisonné et enfin expulsé

    pour le soutien qu’il avait apporté à une soeur accusée d’avoir

    participé au génocide.

    Stanislas de Jamblinne a témoigné de son travail pastoral dans

    les camps de réfugiés rwandais, semblable à celui réalisé en paroisse et qui voulait d’abord montrer à cette population exilée

    que l’Eglise du Rwanda ne l’a pas abandonnée. Il a insisté aussi

    sur le travail des organisations humanitaires et sur les motifs

    pour lesquelles les réfugiés ne rentrent pas chez eux: la peur,

    mais aussi le sentiment d’accepter, en cas de retour, un nouveau

    pouvoir non élu, qui est en partie responsable de leur situation.

    Jean Lefevre a conclu ce témoignage d’un peuple et d’une Eglise en souffrance en insistant sur le fait que c’est tout le peuple rwandais qui est terriblement blessé au coeur. C’est le rôle

    des missionnaires, a-t-il ajouté, de donner à qui le demande les

    sacrements, quelle que soit la situation des gens ou du pays.

    Zaïre: système éducatif en panne

    Au Zaïre, la volonté d’affaiblissement du système éducatif est

    évidente, a constaté Pierre Lecuit, un jésuite qui enseigne dans

    ce pays. Si on ne se préoccupe pas sérieusement de ce problème,

    a-t-il averti, on n’aura plus d’ici cinq, dix ou quinze ans aucun

    responsable digne de ce nom ni aucune compétence au Zaïre. Il

    faut donc investir dans l’enseignement. Le problème est de voir

    quel type de partenariat est souhaitable et possible entre

    l’Etat, l’Eglise et les écoles. En attendant, tout manque, on ne

    trouve quasiment plus de manuels, a expliqué P. Lecuit, "et nous

    rencontrons beaucoup d’oppositions, notamment des grandes maisons

    d’édition européennes, quand nous voulons réaliser nous-mêmes nos

    manuels scolaires". (apic/cip/pr)

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