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    apic/Bartholomée Réactions en Suisse

    Suisse: Réactions après le coup d’éclat du patriarche Bartholomée (171295)

    Nous étions très perplexes, dit le secrétaire de la CES, le Père Trauffer

    Fribourg, 17décembre(APIC) Le discours de Bartholomée Ier, jeudi à Zurich, devant les membres de la Conférence des évêques suisses, a étonné

    plus d’un observateur. Qui se demandent pourquoi le chef spirituel des 300

    millions d’orthodoxes dans le monde a choisi la Suisse pour son "coup

    d’éclat" et sa remise en question fondamentale du rôle du pape, ainsi que

    le révélait jeudi déjà l’Agence APIC.

    "l’idée selon laquelle le Seigneur en choisissant les douze apôtres confia à l’un d’eux la tâche de les gouverner n’a aucun fondement biblique",

    devait-il déclarer. En opposant devant les évêques suisses la structure solidaire et décentralisée de l’orthodoxie au centralisme doctrinal et administratif romain.

    La visite en Suisse - depuis le 8 décembre - du patriarche oecuménique

    de Constantinople n’est de loin pas passée inaperçue. Tant en milieux protestants à qui il a vivement reproché leur prosélytisme en Europe de l’Est,

    que chez les catholiques à qui il a rappelé que les orthodoxes ne sauraient

    accepter la primauté de Pierre et le centralisme romain.

    Dans le quotidien fribourgeois "La Liberté", le Père Roland Trauffer,

    secrétaire de la Conférence des évêques suisses (CES), qui participait à la

    réunion de jeudi, commente: "Le temps nous a manqué ensuite pour revenir

    sur les questions ainsi soulevées. Mais nous étions tous perplexes. En nous

    demandant aussi pourquoi il avait choisi la Suisse pour faire ce type d’intervention". En France, il y a quelques semaines, ajoute le secrétaire de

    la CES, "il était très aimable, à Rome également, lorsqu’il a rencontré le

    pape".

    Les obstacles sont plus importants que prévus

    Nouvel évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Amédée Grab était

    également présent à Zurich. "Depuis 30 ans, confie-t-il au même quotidien,

    on vivait une grande espérance. Là, c’est un peu le coup de frein, et le

    signe que les obstacles sont plus importants que prévus".

    Même étonnement exprimé par le chanoine Georges Bavaud, ancien

    professeur à l’Université de Fribourg et spécialiste des relations

    oecuméniques. Le prédécesseur de Bartholomée Ier, le patriarche Dimitrios,

    "n’hésitait pas à dire de Pierre qu’il était le ’coryphée’ des apôtres,

    donc le chef de choeur. C’est bien la preuve qu’il lui reconnaissait une

    responsabilité particulière".

    Durcissement de la position orthodoxe traditionnelle

    Bien sûr, poursuit le chanoine Bavaud, il ne s’agissait pas de primauté

    au sens où l’a entendu le Concile Vatican I, et Dimitrios ne pensait pas au

    pape en parlant du "chef de choeur". "Mais dire, comme le patriarche

    Bartholomée, que la supériorité de Pierre n’a aucun fondement biblique est

    pour moi incompréhensible". Puis de conclure en relevant que "si vraiment

    Bartholomée refuse toute particularité à Pierre et à ses successeurs, il

    durcit la position orthodoxe traditionnelle".

    Désireux de parler "sans détours et en toute sincérité" Bartholomée Ier

    avait souligné jeudi qu’à ses yeux, "l’ordre du Seigneur à Pierre d’être le

    berger de ses brebis avait le sens de lui réitérer cet ordre, qu’il avait donné à tous les apôtres, et que celui-ci avait trangressé"

    en le reniant à trois reprises. Cette parole n’avait pas le sens de confier

    à Pierre une tâche pastorale supérieure à celle des autres disciples. "Le

    Seigneur donna le nom d’apôtres à tous ses disciples, à titre égal et sans

    discrimination aucune", avait insisté jeudi le patriarche, considéré luimême comme le successeur de saint André.

    Le patriarche Bartholomée devait encore déclarer qu’il "serait inadmissible que le primat de l’Eglise soit chaque fois considéré comme le seul

    responsable de la marche de l’Eglise dans l’histoire. Ni que la responsabilité des autres membres de l’Eglise disparaisse du seul fait qu’ils agissent selon les indications du primat ou d’un corps d’évêques".

    Dans la tradition orthodoxe - qui garde inaltérable le système conciliaire - les décisions majeures sont prises conciliairement, à savoir que

    plusieurs évêques y participent et que nul ne dispose d’un droit de veto ni

    d’un vote prépondérant, a expliqué le patriarche devant son auditoire.

    Avant d’aller plus loin, en affirmant "le Seigneur lui-même garantit l’assurance du jugement de deux réunis en son nom, ayant déclaré

    qu’il est au milieu d’eux (...) Il n’y a pas de promesse similaire du Seigneur qu’Il sera et collaborera avec un seul, celui qui se sépare des autres

    et qui se place au-dessus des autres". (apic/pr)

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