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    apic/Australie/Euthanasie/Commentaires/Eglises

    Australie: Les milieux d’Eglise condamnent

    sévèrement le premier cas d’authanasie légale (011096)

    "Un jour de honte pour l’Australie"

    Sydney, le 30 septembre "Les médecins ne sont plus ceux qui sauvent des

    vies. Selon la législation aujourd’hui en vigueur dans le Territoire-duNord, ce sont ceux qui tuent", a réagi l’évêque anglican de Sydney, Harry

    Goodhew, après le premier cas d’euthanasie légale enregistré le 22 septembre en Australie. Une date que nombre d’ecclésiastiques qualifient de "jour

    de honte pour l’Australie".

    L’évêque Goodhew s’exprimait ainsi après l’annonce publique, le 25 septembre, de la mort par euthanasie de Bob Dent, âgé de 66 ans, atteint d’un

    cancer depuis cinq ans. Il est mort le dimanche 22 septembre, entouré de sa

    femme, Judy, et de son médecin, Philip Nitschke, ardent défenseur de la loi

    sur l’euthanasie. L’injection mortelle avait été administrée au moyen d’un

    ordinateur.

    Bob Dent était venu dans le Territoire-du-Nord comme missionnaire de

    l’Eglise d’Angleterre en 1959; plus tard, déçu par les positions de son

    Eglise, il avait quitté l’Eglise pour devenir expert immobilier. Peu après

    avoir appris qúil souffrait d’un cancer, il s’était converti au bouddhisme.

    "La structure morale de notre nation se trouve menacée par le premier

    cas d’euthanasie autorisée par la loi dans le Territoire-du-Nord", a déploré l’évêque anglican. Certes, nous devons partager la peine de l’épouse du

    défunt, et comprendre la souffrance qui a poussé celui-ci à mettre fin à

    ses jours. Mais ceci ne devrait en aucun cas nous convaincre que cette action était juste. Du point de vue moral, c’est une faute".

    Moyen de pression

    Ce qui est aujourd’hui un acte voulu pourrait devenir une "pression subtile" pour pousser les malades à mettre fin à leur vie, et ne plus être une

    charge pour leurs familles et leurs amis, a pour sa part déclaré le primat

    de l’Eglise anglicane et archevêque de Melbourne, Keith Rayner, lors d’une

    interview au journal "The Australian". "D’ici peu, des facteurs économiques

    entreront aussi en jeu".

    Pour le cardinal Edward Clancy, archevêque de Sydney, le premier cas

    d’euthanasie légale marque un "jour de honte pour l’Australie". Il signifie

    un "mépris" et un manque de considération des convictions des habitants de

    ce monde. "Puisse, a ajouté l’archevêque, cet acte déplorable servir au

    moins à ramener la dure réalité de l’euthanasie à la conscience de tous les

    Australiens, et permettre de prévenir d’autres exemples de cet acte horrible".

    Un projet de loi présenté au Parlement fédéral pourrait en effet abroger

    la loi légalisant l’euthanasie, adoptée par le Parlement du Territoire-duNord en mai 1995 et en vigueur depuis le 1er juillet de cette année. Le

    Territoire n’est pas encore un Etat à part entière au sein du système fédéral australien et le Parlement fédéral a le pouvoir d’annuler ses lois. Par

    ailleurs, des médecins conservateurs et des ecclésiastiques, craignant que

    Darwin, capitale du Territoire-du-Nord, ne devienne "ville de la mort", ont

    décidé de contester cette loi devant la Cour suprême en novembre.

    Bob Dent a adressé une lettre ouverte, dictée à son épouse avant sa

    mort, aux membres du Parlement fédéral qui vont débattre du projet de loi

    visant à abroger la loi sur l’euthanasie adoptée par le Territoire-du-Nord.

    Les croyants divisés, les Eglises unanimes

    "Qui peut s’arroger le droit d’exiger, au nom de sa propre foi religieuse en laquelle je ne crois pas, que je me conforme à ses règles et endure

    une souffrance incurable inutile, jusqu’à ce qu’un médecin dans son omniscience décide que j’ai eu mon compte et augmente la dose de morphine jusqu’à ce que je meure? Si vous n’êtes pas d’accord avec l’euthanasie volontaire, ne l’utilisez pas, mais, de grâce, ne m’interdisez pas le droit de

    m’en servir si je le veux", déclare-t-il.

    Alors que les responsables d’Eglise sont pratiquement unanimes à condamner l’euthanasie, un sondage effectué au début de l’année révèle qu’environ

    la moitié des protestants pratiquants australiens estiment que les malades

    devraient pouvoir choisir de mourir plutôt que d’endurer les souffrances

    d’un mal incurable.

    Ce sondage effectué auprès de 6’500 communautés, dans 19 Eglises chrétiennes, indique également que 40 % se prononcént en faveur de l’euthanasie

    en de telles circonstances, 30 % contre, le reste n’ayant pas d’opinion

    marquée. Toujours d’après le sondage, il semble que les personnes âgées approuvent plus facilement l’euthanasie. (apic/eni/pr)

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