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    apic/Australie/Aborigènes/COE

    Australie: Inquiétude des Aborigènes (130896)

    Nouvelle politique australienne à l’égard des Aborigènes:

    "Un pas en arrière", déplore un représentant du COE

    Genève, 13août(APIC) La politique du nouveau gouvernement australien à

    l’égard des Aborigènes marque "un pas en arrière", déplore Bob Scott, ecclésiastique anglican d’Aotearoa/Nouvelle-Zélande, secrétaire exécutif auprès du Programme de lutte contre le racisme du Conseil oecuménique des

    Eglises (COE).

    Bob Scott s’est déclaré profondément "déçu" par l’attitude du nouveau

    gouvernement, après avoir rencontré une délégation australienne au Forum

    des Nations Unies sur les populations autochtones, tenu à Genève au début

    du mois d’août.

    Il a indiqué que le COE - dont le siège est à Genève et qui compte 330

    Eglises membres dans le monde - avait l’intention de continuer à faire

    pression sur le gouvernement australien et à soutenir la lutte que mènent

    les Aborigènes pour obtenir justice et de meilleures conditions de vie.

    Le 2 mars, le Parti travailliste australien, dirigé par le premier ministre Paul Keating, était battu aux élections par une coalition des partis

    conservateurs d’Australie. Bob Scott a rendu hommage à Paul Keating, pour

    son soutien à la cause des Aborigènes en dépit, souvent, de l’opposition

    des membres du Cabinet fédéral.

    Le représentant du COE a encore indiqué que la délégation australienne

    au Forum des Nations Unies avait informé le COE d’un changement radical de

    la politique du nouveau gouvernement à l’égard des Aborigènes.

    Mme Donoghue, présidente de la Commission des Aborigènes et des insulaires du détroit de Torres (ATSIC), qui contrôle la gestion des fonds que le

    gouvernement alloue aux communautés aborigènes, a pour sa part évoqué devant le Forum des Nations Unies "sa profonde tristesse de voir, qu’avec ce

    gouvernement de coalition, une nouvelle période d’incertitude politique

    s’annonçait pour les autochtones australiens".

    "Il règne une attitude hostile et différente en ce qui concerne les des

    affaires autochtones", a-t-elle déploré. Selon elle les autochtones ont

    toutes les raisons de craindre ce changement d’attitude.

    Plus de 700 personnes - entre autres des représentants de 232 populations, organisations et communautés autochtones, assistaient au Forum des

    Nations Unies, organisé pour examiner les conditions dans lesquelles vivent

    les populations autochtones dans le monde.

    Des études archéologiques indiquent que les Aborigènes vivent en Australie depuis 40 000 années ou plus. Lorsque les Britanniques sont arrivés en

    1779 en Australie, il y avait quelque 300’000 Aborigènes. En 1991, il y en

    avait plus que 265’000. La plupart des Aborigènes vivent au centre et au

    nord de l’Australie.

    Le pardon de l’Eglise catholique aux Aborigènes

    L’Eglise catholique romaine d’Australie a pour sa part demandé pardon

    aux Aborigènes pour avoir soutenu une politique sociale du gouvernement qui

    visait à enlever des enfants aborigènes pour les placer chez des blancs.

    Près de 100’ 000 enfants ont été ainsi arrachés à leur famille pour être

    élevés par des blancs, rapporte "the Tablet", de Londres, dans son édition

    du 3 août.

    "La plupart des enfants ’volés’ recevaient un nouveau nom et un nouvel extrait de naissance, pour pouvoir être intégrés dans la société blanche",

    indique le journal. "Beaucoup d’entre eux sont morts jeunes de maladies

    chroniques, d’alcoolisme ou de suicide. Ainsi, près de la moitié des 99

    personnes mortes en détention préventive, examinées par la Commission royale dans les années 80, étaient des enfants volés."

    Bien que l’Eglise catholique ait joué un rôle relativement mineur dans

    cette tragédie, précise "The Tablet", le fait d’admettre qu’existait

    "l’idée sous-jacente que la conversion au christianisme exigeait l’affaiblissement de l’influence spirituelle de la culture et des anciens sur la

    plus jeune génération" est déjà significative. (apic/eni/pr)

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