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    apic/Assise/10e anniversaire

    Rome: Dixième anniversaire de la Journée mondiale de prière d’Assise

    Jacques Santer salue les contributions des Eglises (091096)

    Rome, 9octobre (APIC) Quelque 200 personnalités politiques, représentants

    religieux et autres témoins de la vie internationale d’une cinquantaine de

    pays ont participé à la "Dixième rencontre internationale" organisée à Rome

    par la Communauté San’Egidio, pour marquer la Journée mondiale de prière,

    convoquée le 27 octobre 1986 à Assise par le pape Jean Paul II.

    Dix ans après Assise, hommes d’Eglise, politiques ou leaders d’organisations internationales se sont retrouvés à Rome pour débattre du thème de ce

    dixième anniversaire - "La paix est le nom de Dieu - les hommes interrogent

    les religions" - qui réuni du 7 au 10 octobre des personnalités comme Andrea Riccardi, fondateur de la communauté de Sant’Egidio, le cardinal Ruini, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome et président de la conférence épiscopale italienne, Jacques Santer, président de la Commission

    Européenne, Oscar Luigi Scalfaro, président de la République italienne, Federico Mayor, directeur général de l’Unesco, Jacques Diouf, directeur de la

    FAO, Cornelio Sommaruga, président du Comité international de la Croix Rouge, et Pierre Sané, secrétaire général d’Amnesty international.

    Extrémismes religieux

    "Dans les fondements de toutes les traditions religieuses est inscrite

    la valeur de la paix", mais "à notre époque, nous voyons des religieux qui

    restent emprisonnés dans une logique conflictuelle jusqu’à ses expressions

    les plus extrémistes, et même jusqu’au mépris de la vie", a déclaré en introduction Andrea Riccardi, lors de la séance d’inauguration, le 7 octobre.

    Il a estimé que ces "rencontres ont progressé pendant dix ans sur la voie

    de la libération d’énergies pacifiques".

    De son côté, Jacques Santer a exprimé la conviction que, face aux défis

    actuels "le projet européen demeure une nécessité pour la paix", mais que

    "la tolérance ne suffit pas à la paix", celle-ci étant également "une affaire de dialogue permanent et de volonté active". A cet égard, a-t-il

    ajouté, les contributions des Eglises sont "un apport essentiel à l’adaptation de notre modèle de société face aux mutations actuelles".

    Quant aux actes concrets à poser pour faire progresser la paix, Jacques

    Santer a évoqué quatre enjeux majeurs pour l’Union à l’aube du siècle prochain: la mise en place d’une "stratégie cohérente" pour lutter efficacement contre le chômage et l’exclusion au sein de l’Union; la lutte contre

    la drogue et le crime organisé; une politique étrangère et de sécurité

    "digne de ce nom", pour que l’Europe se prononce "clairement" lorsque les

    droits de l"homme ou de la démocratie sont violés, et enfin une réforme des

    institutions européennes pour "une Union efficace et transparente".

    Autre intervenant, le président Scalfaro. Selon lui des "fermetures"

    existent dans toutes les religions. Mais il "est bon que chacun regarde

    chez soi" et, avant de parler des extrémismes des autres religions, que

    chacun "lutte contre ses propres fermetures". On rejoint Dieu à travers

    "l’humilité", dans la prière, a-t-il précisé, mais aussi "à travers l’autre".

    Paix et sécurité alimentaire vont de pair

    Parlant plus spécifiquement de la faim et de la soif, Jacques Diouf a

    parlé du "Programme spécial pour la Sécurité Alimentaire dans les pays à

    déficit alimentaire et à revenu bas" que la FAO a élaboré, ainsi que de la

    rencontre prévue à Rome en novembre 1996 entre des chefs d’Etat et de gouvernement du monde, pour faire progresser "une solidarité internationale

    fondée sur un partage plus équitable des ressources et des opportunités de

    marché". En effet, a-t-il déclaré "la sécurité alimentaire pour tous et la

    paix sont des conditions préalables essentielles l’une à l’autre".

    Président du Comité international de la Croix Rouge, Cornelio Sommaruga

    a de son côté invité hommes politiques, responsables économiques et représentants des religions à "prendre un engagement solennel pour limiter sérieusement le transfert des armes".

    Quant au secrétaire général d’Amnesty international il a énoncé

    plusieurs cas d’abus de pouvoir de la part de gouvernements et dénoncé "la

    brutalité de ceux qui utilisent la violence à des fins politiques". Avant

    de souligner que "chaque Etat a le devoir d’accueillir les réfugiés, un devoir inscrit dans la Loi internationale".

    Les discussions se poursuivront à Rome sous la forme de nombreuses tables rondes au cours desquelles seront lancées des initiatives concrètes

    pour répondre aux défis présentés lors de cette séance d’inauguration.

    (apic/imed/pr)

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