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    apic/Assassinat Imam Paris

    Paris: assassinat d’un imam dans sa mosquée de la rue Myrha (120795)

    Pour la première fois un dignitaire religieux musulman tué en France

    Paris, 12juillet(APIC) Pour la première fois en France, un dignitaire islamique a été assassiné mardi, dans sa mosquée de la rue Myrha, à Paris.

    Co-fondateur du Front islamique du salut (FIS) Abdelbaki Sharaoui, âgé de

    85 ans, a été abbatu de plusieurs coups de feu vers 18h30 par deux inconnus. Si la police semble privilégier la piste du Groupement islamique armé

    (GIA), les musulmans de Paris doutent que des islamistes aient osé tuer un

    imam dans une mosquée et mettent en cause les services secrets algériens.

    Abdelbaki Sharaoui, personnalité historique du FIS, proche d’Ali Beladj,

    était considéré comme un représentant de la branche modérée, prête à négocier avec le gouvernement algérien. En mai 1994, il avait publiquement condamné l’agression de deux religieuses françaises et souligné que la France

    devait continuer à avoir une attitude de neutralité. D’où l’hypothèse que

    son nom figurait sur une liste des ’hommes à abattre’ du GIA.

    Une théorie que ne partage pas Mohammed Roussel, français converti à

    l’islam, membre du conseil d’administration de la mosquée de la rue Myrha

    et proche de l’imam assassiné. "Il est notoire que depuis un an, des éléments des services secrets algériens sillonnent l’Europe pour indentifier

    et neutraliser de présumés islamistes du FIS." Mohammed Roussel ne veut pas

    croire qu’un musulman, de surcroît un islamiste, puisse exécuter un imam

    dans une mosquée. "C’est un grave sacrilège." Etait-il au courant de menaces contre l’imam? "Non et de toute façon il était trop réservé pour en

    faire part."

    Le meurtre survenu mardi n’est peut-être pas non plus sans relation avec

    la rafle lancée le 20 juin par la police française contre les occupants de

    deux modestes hôtels du 18e arrondissement dans le cadre d’une vaste

    opération déclenchée contre les milieux intégristes. L’imam de la rue Myrha

    était considéré par beaucoup comme une homme du "réseau Pasqua",

    bénéficiant de la neutralité des autorités françaises, en échange de

    renseignements sur la frange dure de intégristes. Alors que la police

    fançaise lui avait proposé de le protéger au printemps 1994, il avait

    répondu qu’il ne courait pas de danger. Il n’avait pas été assigné à

    résidence à Folembray l’été dernier mais placé en résidence surveillée.

    La mosquée de la rue Myhra, installée dans des locaux de fortune et très

    discrète derrière son rideau de fer est considérée comme une plaque tournante du FIS. Beaucoup de jeunes qui la fréquentent ne cachent pas leur

    sympathie pour ce mouvement. La mosquée voisine de la rue Polonceau, dans

    le même quartier de la Goutte d’Or, apparaît comme plus modérée. Son imam

    Moussa Diakité, déclare n’avoir pas eu de relations avec le cheikh Sharaoui. Le quartier qui compte une forte proportion d’immigrés était mardi

    en état de choc. (apic/jcn/mp)

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