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    apic/Argentine/APDH

    Argentine: Des responsables d’Eglises se prononcent (111194)

    pour l’exclusion du président Nemen d’un organisme des droits de l’homme

    Buenos Aires, 11novembre(APIC) Les responsables de plusieurs Eglises

    protestantes argentines se sont prononcés pour l’exclusion du président

    Carlos Menem du Conseil de la présidence de l’Assemblée permanente des

    droits de l’homme (APDH). Le président a été exclu de l’APDH pour avoir

    défendu le rôle de la police et des forces armées durant la dictature

    militaire, en Argentine, de 1976 à 1983.

    Le président Menem, qui a défendu le rôle "patriotique" des militaires

    durant la "sale guerre" contre les opposants au régime, fut prisonnier

    politique durant cette période. Depuis qu’il est à la tête du gouvernement,

    il pratique cependant une politique de réconciliation avec les militaires.

    30 000 personnes ont disparu durant la dictature, l’une des périodes les

    plus sanglantes de l’histoire de l’Argentine.

    Pour l’évêque Aldo Etchegoyen, de l’Eglise méthodiste, il est

    "déplorable que la plus haute autorité du pays revendique le rôle et les

    méthodes de la dictature militaire, en justifiant la perversion et la

    corruption de l’Etat et ses attaques contre les citoyens. Ceci porte

    préjudice aux institutions républicaines, enfreint les principes éthiques

    fondamentaux et annule la condamnation juridique, morale et publique que

    notre peuple a prononcée sur ce passé terrible."

    Cette exclusion a été aussi appuyée par le Mouvement oecuménique pour

    les droits de l’homme, organisme formé par six Eglises protestantes et deux

    diocèses catholiques.

    Le pasteur Rodolfo Reinich, président de l’Eglise évangélique du Rio de

    la Plata, le pasteur Carlos Orlov, de l’Eglise luthérienne unie, et

    l’évêque catholique Jorge Novak, ont déclaré que "toute personne qui

    participe aux délits de crime contre l’humanité et toute personne qui

    défend publiquement ceux-ci, peuvent difficilement être considérées comme

    chrétiennes". Ils ont affirmé également qu’"aucune personne agissant ainsi

    ne peut se déclarer partisan de la démocratie, ni jurer en toute honnêteté

    sur la constitution nationale".

    Le président Menem a annoncé cette semaine qu’il allait intenter un

    procès à un journal qui mettait en doute - en s’appuyant sur le témoignage

    d’autres prisonniers - ses affirmations, selon lesquelles il aurait été

    torturé sous la dictature. (apic/eni/eb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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