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    apic/Amnesty International/Rapport

    Droits de l’homme dans le monde

    Terrible constat d’Amnesty International: 146 pays dans son collimateur

    Passivité internationale face aux pires exactions (190696)

    Londres/Berne, 19juin(APIC) Amnesty International (AI) dresse un sinistre

    catalogue des exactions commises en 1995 par les Etats et les groupes armés

    dans le monde. L’organisation des droits de l’homme dénonce en outre la

    passivité face aux multiples violations. Dans le collimateur: 146 pays. Aucune région du monde n’est malheureusement épargnée.

    Tortures, détentions arbitraires, viols, exécutions massives, "disparitions": des violations des droits de l’homme ont été commises l’an dernier

    dans 146 pays, soutient AI dans son rapport annuel, qui dénonce "la passivité de la communauté internationale".

    AI recense notamment 4’500 prisonniers torturés à mort, 140’000 "disparus" et 2’900 exécutions capitales, dont les deux tiers en Chine et un "bon

    nombre" aux Etats-Unis. Le chiffre de 2’900, dit AI, serait largement en

    dessous de la réalité.

    La torture, les massacres et les "disparitions" déshonorent la communauté internationale toute entière, s’insurge AI. "Ceux qui appuient sur la

    détente ou torturent ne sont pas seuls responsables de ces atrocités. Tout

    aussi coupables sont les gouvernements qui fournissent des armes et du matériel pour torturer, mutiler et tuer. Pour ces gouvernements, avantages

    politiques et profits économiques l’emportent sur les droits de l’homme.

    AI estime ainsi que l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, la GrandeBretagne, mais aussi la Russie et la Chine, ont leur "responsabilité engagée". "Ils devraient être tenus pour responsables lorsqu’ils permettent que

    des armes soient livrées à des forces dont il est notoire qu’elles violent

    les droits fondamentaux de la personne".

    Aucune région n’est épargnée par le rapport. Les homicides arbitraires

    perpétrés par des forces gouvernementales et des groupes armés d’opposition

    demeurent impunis. C’est le règne de la torture. Des prisonniers d’opinion

    sont derrière les barreaux. Des procès qui sont de pures parodies de justice sont intentés à des prisonniers politiques, quand ces derniers ne sont

    pas emprisonnés sans même être jugés.

    Détenus maltraités

    En Europe, les conflits armés en Bosnie-Herzégovine, Tchétchénie et Turquie ont été et continuent d’être l’occasion de "violations massives" des

    droits de l’homme. L’organisation montre en outre du doigt l’Espagne, la

    France, la Grèce et la Suisse pour leur traitement des objecteurs de conscience, ainsi que pour les mauvais traitements de certains détenus - étrangers souvent -, maltraités par des agents de la force de l’ordre. Elle

    s’inquiète de plus pour le nombre des exécutions capitales en Russie.

    Au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, AI estime que plusieurs centaines

    de personnes ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires en Algérie,

    Bahrein, Egypte, Jordanie, Yemen, Irak, y compris les zones sous contrôle

    kurde, Israël et les territoires, y compris ceux relevant de l’autorité palestinienne. AI s’inquiète en particulier des arrestations massives au Bahrein.

    Aux Etats-Unis, des informations font état de morts suspectes en garde à

    vue, ainsi que de tortures et de mauvais traitements, fréquemment infligés

    par des policiers et des gardiens de prison. La pratique consistant à enchaîner des prisonniers les uns aux autres a été introduite dans plusieurs

    Etats. Enfin, dénonce AI, les Etats-Unis restent le seul pays occidental à

    pratiquer couramment la peine de mort, dont sont également victimes des malades mentaux et des mineurs. En 1995, 56 personnes ont été exécutées. Un

    record.

    En Amérique latine, pays dont les politiques de stratégies militaires et

    de répression sont soutenues par les Etats-Unis en particulier, AI dénonce

    "le fossé qui sépare les promesses faites par la plupart des gouvernements

    et les initiatives prises en vue d’améliorer la situation". L’organisation

    internationale parle d’au moins un millier d’exécutions en Colombie, des

    centaines au Brésil, plus de 150 au Guatémala, par les forces de sécurité

    ou des groupes armés soutenus par le gouvernement. De nombreuses exécutions

    ont aussi eu lieu sous le régime néo-libéral de Violeta Chamorro au Nicaragua.

    Avec la Chine, notamment, l’Asie n’est bien entendu guère épargnée. "En

    Chine, dit AI, la torture et l’emprisonnement pour délit d’opinion sont

    largement répandus tandis qu’en Birmanie, "plus de 1’300 prisonniers sont

    morts des suites de maladies ou de mauvais traitements. En Australie, 21

    arborigènes "sont morts lors d’opération de police ou de détention".

    En Afrique subsaharienne enfin, huit millions et demi de personnes sont

    réfugiées ou déplacées dans leur propre pays. Plusieurs dizaines de milliers de peronnes ont rejoint celles qui avaient déjà fui les combats au

    Burundi, au Libéria, au Rwanda, en Sierra Leone, en Somalie et au Soudan.

    (apic/ag/pr)

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