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    apic/Amesty International/ rapport

    Publication du Rapport 1995 d’Amnesty international (050795)

    151 Etats dans le monde ont violé les droits de l’homme

    Londres/Berne, 5juillet(APIC) 151 Etats dans le monde ont violé l’an dernier plus ou moins gravement les droits de l’homme. Tel est le constat

    d’Amnesty international dans son rapport annuel 1995, publié jeudi. L’organisation de défense des droits de l’homme a recensé des milliers de cas de

    tortures, de mauvais traitements, de meurtres politiques, d’excécutions extrajudiciaires, de disparitions, d’arrestations arbitraires et de condamnations à mort.

    Le génocide qu’a connu le Rwanda l’an dernier a été l’exemple le plus

    dramatique de l’évolution des droits de l’homme dans le monde, relève le

    rapport. Les violations de droits de la personne n’ont plus seulement lieu

    dans les prisons, mais de plus en plus souvent en pleine rue, dénonce

    Pierre Sané, secrétaire général de l’organisation.

    78 pays au moins détiennent des prisonniers d’opinion. Des dizaines de

    milliers de prisonniers politiques sont détenus sans inculpation ni jugement dans 70 Etats. Des détenus politiques ou de droit commun ont été torturés ou maltaités dans 120 pays et sont morts des suites de ces sévices

    dans 34 pays, indique AI. Des agents de l’Etat se sont rendus coupables

    d’exécutions extrajudiciaires dans 54 pays. Quant aux disparitions, elles

    ont été signalées dans 29 pays. La peine de mort a été appliquée en 1994

    dans 33 pays et des condamnés à mort attendent leur exécution dans 57 pays.

    L’impunité ne doit plus être la règle

    "Nous voulons créer un climat où l’impunité ne sera plus la règle, où

    les auteurs de violations des droits de l’homme seront traduits en justice,

    ou les victimes à qui on a volé leur dignité se verront accorder réparation, relève Pierre Sané. AI constate par ailleurs que les victimes sont

    très souvent des femmes. L’organisation espère que la conférence de l’ONU,

    en septembre à Pékin, puisse apporter une nouvelle prise de conscience de

    ce problème.

    En Afrique, Amnesty retient spécialement le cas du Rwanda et celui du

    Burundi voisin où les assassinats continuent. Au Sierra Leone, la guerre

    civile se poursuit. En Afrique du Sud, des meurtres politiques ont encore

    lieu régulièrement, en particulier au Kwazulu-Natal.

    En Afrique du Nord, c’est évidemment l’Algérie qui retient le plus l’attention où la population civile paye un lourd tribut à la lutte entre les

    groupes islamistes armés et les militaires. En Israël, malgré les accords

    de paix, 6’000 Palestiniens ont été détenus par les autorités israëliennes,

    et 82 ont été abbattus par les forces de sécurité. A Bahrein, au moins 30

    prisonniers politiques ont été condamnés à de lourde peines de prison. En

    Egypte, des dizaines d’avocats et de journalistes sont enfermés.

    Amérique: augmentation des exécutions extrajudiciaires

    En Amérique latine, on déplore surtout l’augmentation du nombre d’exécutions extrajudiciaires, au Guatemala, en Colombie et au Mexique en particulier avec l’insurrection du Chiapas. Aux Etats-Unis, 31 condamnés à mort

    ont été exécutés en 1994 et près de 3’000 autres attendent leur exécution.

    Dans plus d’une dizaine de pays d’Asie des prisonniers d’opinion sont

    déténus parfois simplement pour avoir participé à des manifestations pacifiques. C’est le cas notamment au Timor oriental, sous occupation indonésienne, et au Pakistan à cause de la loi sur le blasphème envers l’islam.

    La Chine avec 1’791 exécutions en 1994 détient le record des condamnations

    à mort. En Afghanistan, la guerre civile se poursuit. En Turquie, le gouvernement continue sa lutte impitoyable contre le peuple kurde alliant de

    nombreuses exécutions sommaires à la torture systématique.

    En Europe l’attention se focalise sur les pays de l’ex-Yougoslavie où

    les cas de violations des droits fondamentaux de la personne ne se comptent

    plus. Le constat est semblable en Tchétchénie.

    Mauvais traitements: en Suisse aussi

    Pour la Suisse, deux problèmes préocuppent AI. La question des objecteurs de conscience n’est pas encore pleinement résolue, malgré l’acceptation du principe du service civil. Les allégations de mauvais traitements

    par les forces de l’ordre, en particulier envers les ressortissants étrangers et les demandeurs d’asile, se sont multipliées l’an dernier. Cette

    pratique n’est sans doute pas systématique, mais a été constatée dans plusieurs cantons lors de la garde à vue ou de la détention préventive. Des

    enquêtes ont été ouvertes sur la pression d’organisations de défense des

    droits de l’homme. (apic/com/mp)

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