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    apic/Américains/divorces

    Etats-Unis: un couple catholique sur deux divorce

    et un mariage catholique sur cinq est déclaré nul (110195)

    Le Vatican s’en inquiète

    New York, 11janvier(APIC) Un couple catholique sur deux divorce aux

    Etats-Unis, et un mariage catholique sur cinq est déclaré nul. Le nombre de

    ces mariages déclarés nuls est du reste monté en flèche ces dernières années: de 338 cas en 1968, il est passé à près de 60’000 aujourd’hui.

    Selon le quotidien catholique français "La Croix", sur un peu plus de

    300’000 mariages catholiques célébrés chaque année, un sur deux se solde

    par un divorce et un sur cinq est déclaré canoniquement nul. Cela, alors

    que ce pays, qui compte 59 millions de catholiques, est de loin le plus

    pratiquant du monde occidental, puisque 40% des fidèles vont à la messe

    tous les dimanches.

    Le nombre de mariages déclarés nuls est monté en flèche: de 338 cas en

    1968, il est aujourd’hui passé à près de 60’000 par an Sur 76’829 cas de

    nullité reconnus par l’Eglise dans le monde en 1992, 59’030 provenaient des

    tribunaux ecclésiastiques américains. Il faut dire qu’aux Etats-Unis 90%

    des demandeurs obtiennent la nullité. En Europe, ces taux oscillent entre

    70 et 80%.

    A plusieurs reprises déjà, le Vatican a déjà reproché aux tribunaux ecclésiastiques américains - ainsi qu’aux évêques, qui défendent l’action des

    juges - leur laxisme. Depuis 1970, l’Eglise américaine a adopté des normes

    qui restreignent les possibilités du Vatican de remettre en cause une nullité reconnue dans le pays. Selon "La Croix", les tribunaux ecclésiastiques

    américains se réfèrent à la jurisprudence de la Rote romaine.

    La majorité des mariages déclarés nuls le sont pour absence de consentement valide de l’un des partenaires au moment du mariage. A en croire le

    père Pfnausch, de la Société américaine de droit canonique, "plus de la

    moitié des mariages annulés concernent des non-catholiques, qui n’ont pas

    le concept de mariage sacramental indissoluble".

    Aux Etats-Unis, les motifs de nullité ont été élargis, incluant notamment les "facteurs psychologiques", comme le manque grave de maturité, le

    plus souvent évoqué. Le Vatican se serait inquiété auprès des évêques américains de leur laxisme, et plus encore d’une "pratique officieuse", désapprouvée pourtant par les évêques, selon laquelle des divorcés remariés, en

    concertation avec leur curé, décréteraient eux-mêmes la nullité de leur

    premier mariage.

    Ceux qui critiquent le laxisme américain s’insurgent surtout quand les

    couples se séparent après une vie commune de près de 30 ans. Or, souvent,

    ces mariages ont été de réels traumatismes (violence, alcoolisme, drogue).

    "Pour ceux qui souhaitent et obtiennent la nullité de leur mariage, la démarche peut être une occasion de guérison", explique un prêtre chargé de la

    pastorale des divorcés à Washington, en regrettant que "beaucoup de divorcés se sentent toujours rejetés par l’Eglise". En effet, la plupart des 6 à

    8 millions d’Américains catholiques divorcés et remariés n’ont pas une vie

    épanouie et quittent l’Eglise en silence.

    Selon un sondage effectué par Gallup en 1993, 78% des catholiques américains estiment que les divorcés devraient pouvoir se remarier à l’Eglise.

    Récemment encore, l’archevêque de Baltimore, Mgr William Keeler, promu

    cardinal au dernier consistoire, a recommandé à ses fidèles divorcés de recourir davantage aux procédures ecclésiastiques habilitées à se prononcer

    sur la nullité de leur mariage et suggéré à ceux d’entre eux qui se sont

    remariés de s’adresser à un tribunal ecclésiastique afin de "régulariser"

    leur situation. Réagissant à la récente lettre romaine sur l’accès des divorcés remariés à la communion eucharistique, il a demandé à ces derniers

    de rester fidèles au culte et à la prière, ainsi qu’aux oeuvres de charité.

    (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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