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    apic/Allemagne/l’Eglise face au nazisme/l’Eglise ne s’est jamais tue/

    Allemagne: l’Eglise ne s’est jamais tue face aux nazisme (140297)

    12’000 prêtres sont entrés en conflit ouvert avec le régime

    Rome, 14février(APIC) L’Eglise allemande ne s’est jamais tue face au nazisme. Des recherches récentes permettent de "chiffrer" sa résistance ouverte: 12’000 prêtres entrés ouvertement en conflit avec le régime, dont

    400 ont fini par être internés dans des camps, où une centaine y laissèrent

    la vie, écrit dans les colonnes du quotidien catholique italien "L’Avvenire" Karl-Joseph Hummel, directeur de la Commission spéciale sur les relations entre le nazisme et l’Eglise établie dans les années 60 par la conférence épiscopale allemande.

    "L’Eglise ne s’est jamais tue ni n’a jamais pactisé avec le régime, déclare catégoriquement le Dr Hummel. Au contraire, il y a eu un travail très

    intense, y compris du point de vue de l’opposition idéologique", ajoute-til, donnant en exemple la riposte au livre de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg "Le mythe du XXe siècle", qui fut immédiatement mis à l’index, tandis que le vicaire général de Cologne rédigea un contre-document le réfutant point par point.

    Le Dr Hummel ne nie pas les "mea culpa" de l’Eglise d’Allemagne. Au contraire, il les rappelle. La Déclaration à l’occasion des 50 ans d’Auschwitz

    dit clairement: "Beaucoup se laissèrent gagner par l’idéologie nazie et

    restèrent insensibles aux crimes contre la vie et les propriétés juives".

    Allusion à l’attitude des chrétiens lors de la "Nuit de cristal" de 1938.

    Un texte synodal de 1975 reconnaît que, dans le contexte de l’époque,

    l’Eglise catholique était surtout préoccupée par le sort des catholiques

    "tournant le dos au destin du peuple Juif persécuté".

    Mais le spécialiste veut rétablir une vérité moins connue et mise en lumière aussi par les béatifications auxquelles le pape a procédé. Il faut

    aussi rappeler le contexte du Concordat de 1933 et de l’encyclique de Pie

    XI condamnant le nazisme, "Mit brennender Sorge", qui date de 1937. On sait

    maintenant que, dès 1933, les dirigeants nazis n’avaient nullement l’intention de s’en tenir aux termes du concordat, procédant à toute une série de

    mesures vexatoires contre les associations de jeunes, les ouvriers, la

    presse catholique, les écoles.

    Les évêques ont suivi deux lignes. Le cardinal Adolf Bertram protesta

    contre les violations du Concordat par voie diplomatique, tandis que "la

    ligne de Berlin et de Münster" s’appuyait sur l’opinion publique. La protestation directe provoquant de nouvelles vexations, il était difficile dans

    le contexte de l’époque de décider ce qui était le mieux, explique le Dr

    Hummel. Quant aux accusations contre le silence de Pie XII, on oublie qu’il

    fut une cheville ouvrière de l’encyclique de 1937, et les travaux d’historiens ont mis en évidence les vies sauvées par son intervention personnelle, ajoute-t-il. (apic/imed/mp)

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