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    apic/Allemagne/Impôts/Eglises

    Allemagne: La réduction des impôts pourrait signifier

    un désastre financier pour les Eglises allemandes (181196)

    Bonn, 18novembre (APIC) La réduction des impôts en Allemagne pourrait signifier un désastre financier pour les Eglise allemandes. Contrairement aux

    contribuables, les Eglises du pays ne voient pas d’un bon oeil la réforme

    fiscale envisagée par les autorités allemandes, qui prévoient de réduire

    l’impôt sur le revenu dès 1999.

    Cette mesure, assure-t-on côté Eglises, signifierait une perte annuelle

    de plusieurs milliards de DM pour les deux principales Eglises d’Allemagne:

    l’Eglise protestante et l’Eglise catholique.

    A l’heure actuelle, chacune des deux Eglises reçoit annuellement quelque

    huit milliards de DM (6,4 milliards de fs) en impôts ecclésiastiques.

    Cet impôt ecclésiastique, prélevé par les autorités, est un pourcentage

    de l’impôt sur le revenu des membres de l’Eglise. Une réduction de l’impôt

    sur le revenu entraînerait automatiquement une baisse de l’impôt ecclésiastique.

    Selon un article paru dans le journal "Süddeutscher Zeitung", les deux

    principales Eglises d’Allemagne pourraient perdre ensemble la somme de 2,4

    milliards de deutsche mark par an si la réforme fiscale entrait en vigueur.

    Un chiffre cependant revu à la baisse par un membre influent de l’Eglise

    évangélique d’Allemagne (EKD), dont les 24 Eglises membres représentent la

    grande majorité des protestants d’Allemagne. La réforme fiscale, estime-til, pourrait entraîner une perte de 900 millions de deutsche mark par an

    (720 millions de fs).

    11% de diminution

    Selon l’agence de presse protestante "Evangelischer Pressedienst", Karl

    Heinrich Beck, président du comité du budget du synode de l’EKD, a précisé

    que cela représenterait une réduction de plus de 11 % par rapport aux revenus provenant de l’impôt ecclésiastique en 1995.

    Ce projet de réforme fiscale fait suite à une série de coups durs auxquels les Eglises allemandes se trouvent aujourd’hui confrontées. La diminution du nombre des fidèles est généralement attribuée à la récession économique et à la hausse des impôts qui ont suivi la réunification de 1990.

    De nombreux Allemands cherchent le moyen d’éviter le paiement de l’impôt

    ecclésiastique.

    Faible proportion à l’Est

    La situation est aggravée par d’importantes disparités régionales.

    D’après les statistiques de l’EKD, 80,3 % des Allemands de l’Ouest sont

    membres d’une organisation chrétienne, alors que la proportion n’est que de

    28,9 % dans l’ancienne Allemagne de l’Est.

    Devant ce changement du paysage religieux, un certain nombre de politiciens remettent aujourd’hui en question le maintien de l’impôt ecclésiastique sous sa forme actuelle.

    Werner Hofmann, expert financier de l’Eglise évangélique luthérienne de

    Bavière et membre du conseil sortant de l’EKD, se prononce, quant à lui, en

    faveur du maintien de l’impôt ecclésiastique. Selon lui, cet impôt garantit

    l’indépendance des Eglises. Comme il est perçu automatiquement par l’Etat

    auprès des fidèles, les personnes ou groupes de membres d’Eglises ne peuvent exercer de pressions sur les Eglises en refusant de leur donner de

    l’argent. Werner Hofmann a déclaré au "Süddeutscher Zeitung" que le maintien de l’impôt ecclésiastique se justifiait par "la signification que les

    Eglises représentent pour l’ensemble de la société". (apic/eni/pr)

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