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    apic/Afrique du Sud/Sorcellerie/Viloence

    Afrique du Sud: Sorcellerie et violence:

    Une montée qui préoccupe les Eglises sud-africaines (240696)

    East London/Afrique du Sud, 24juin(APIC) La recrudescence des meurtres

    liés à des actes de sorcellerie préoccupe profondément les Eglises sudafricaines, admet Mautji Pataki, secrétaire général du Conseil des Eglises

    de la Province du nord. La sorcellerie traditionnelle africaine prend des

    formes de plus en plus violentes, et les Eglises doivent agir de toute urgence, dit-il.

    Dans plusieurs régions, la police dénombre un nombre croissant de meurtres de personnes accusées par les tueurs d’être des "sorciers" qui les auraient rendus malades ou seraient responsables de la mort d’un proche.

    Cette série de meurtres préoccupe beaucoup les Sud-Africains. Ainsi, à

    Cap-Est, les corps de 11 écoliers morts dans un accident, survenu lors de

    leur retour d’un événement sportif, sont restés trois mois à la morgue,

    leurs parents refusant de les faire enterrer, car ils croyaient que leurs

    enfants pourraient être ramenés à la vie.

    Lorsque finalement les funérailles furent célébrées, elles furent violemment perturbées par des jeunes qui prétendaient que les morts étaient

    des zombis. Une foule en colère prit à partie les parents puis déterra des

    corps pour les ramener à la morgue. Un guérisseur traditionnel fut amené

    pour "ramener les enfants à la vie". Deux vieilles femmes, accusées d’avoir

    ensorcelé les écoliers, furent ensuite tuées par la communauté tribale.

    "Notre Eglise s’efforce d’enseigner à ses fidèles le respect de la vie,

    et de lui montrer que la croyance en sorcellerie engendre la violence au

    sein de la communauté", a relevé M. Pataki dans une déclaration que rapporte lundi l’Agence oecuménique ENI.

    "Un rapport du Département de sûreté de la province indique que 80 % des

    habitants noirs de notre région - y compris des chrétiens - croient en la

    sorcellerie. En tant qu’Eglise, nous devons donc faire preuve de prudence

    lorsque nous attaquons un système de croyances traditionnelles et religieuses africaines".

    Mautji Pataki précise en outre que la violence liée à la sorcellerie

    s’inscrit dans la spirale de la violence qui affecte tout le pays, héritée

    d’une société violente et inculquée à la génération actuelle, particulièrement dans la dernière décennie du régime de l’apartheid.

    "Nous avons élevé une génération politiquement militante. Aujourd’hui,

    sa colère n’est plus canalisée dans la lutte contre l’apartheid, elle s’exprime ailleurs - par exemple dans la sorcellerie", a-t-il déploré, après un

    sommet sur la sorcellerie organisée par le Conseil des Eglises de la Province du nord de l’Afrique du Sud. (apic/eni/pr)

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