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    apic/Afrique du Sud/Légalisation de l’avortement/Eglises

    Afrique du Sud:Les Eglises condamnent la loi sur l’avortement

    La libéralisation de l’avortement contraire

    aux idéaux de la nouvelle Afrique du Sud

    Le Cap, 12juillet(APIC) La libéralisation de l’avortement est

    contraire aux idéaux de la nouvelle Afrique du Sud, aux yeux des

    Eglises sud-africaines. Nombre d’entre elles se déclarent aujourd’hui ouvertement "consternées" par le fait que le gouvernement, dominé par le Congrès national africain (ANC) de Nelson

    Mandela, ait approuvé, début juillet, un projet de loi autorisant

    l’avortement jusqu’à la 14e semaine de grossesse.

    Ce projet de loi, en vertu duquel médecins et autres spécialistes des soins de santé pourraient pratiquer l’avortement,

    devrait être adopté par le Parlement en octobre.

    Le président du Comité parlementaire de la santé, Abe Nkomo, a

    déclaré que l’adoption du projet de loi était assurée, car "l’ANC

    s’est engagé sur ce sujet". La loi de 1975 actuellement en vigueur ne permet l’avortement que jusqu’à la sixième semaine de la

    grossesse et seulement dans les cas de viol ou si l’accouchement

    menace la santé physique ou mentale de la mère. On estime à quelque 200’000 par an le nombre d’avortements clandestins en Afrique

    du Sud.

    Un jour très sombre dans l’histoire de l’Afrique du Sud

    Un porte-parole de la Conférence sud-africaine des évêques

    catholiques, le père Emil Blaser, a déclaré que l’approbation de

    l’avortement par le Cabinet est "un jour très sombre dans l’histoire de son pays", et que cette décision sera regrettée pendant

    de nombreuses années.

    Se référant à l’histoire de l’ANC comme mouvement de libération, il a qualifié d’"incompréhensible" que ceux qui avaient

    vaillamment lutté pour faire reconnaître la dignité de la personne approuvent en fait ce refus de la vie. Aux dires du pasteur

    Ray McCauley, de la petite mais influente Eglise évangélique Rhema, le Cabinet n’a tenu aucun compte de l’opinion publique, notamment de la position anti-avortement d’un grand nombre de membres musulmans et chrétiens de l’ANC.

    Rappelons que Desmond Tutu, jusqu’à tout récemment archevêque

    anglican du Cap, avait déclaré moralement acceptable, voire "obligatoire", l’avortement dans les cas de viol et d’inceste, mais

    l’on sait que les opinions sont fort partagées au sein de l’Eglise anglicane. Les efforts prodigués par d’éminents ecclésiastiques dont l’ancien secrétaire général du SACC, Frank Chikane, et

    le chef de la Commission des droits de la personne, Barney Pityana, pour persuader le groupe parlementaire de l’ANC de laisser

    les députés voter librement selon leur conscience semblent avoir

    échoué. Cela risque de poser un dilemme au nouveau sous-ministre

    de l’Education, Smangaliso Mkhatshwa, qui est prêtre catholique.

    Quand au mouvement pour le respect de la vie Pro Life, il a

    fait valoir que tous les sondages d’opinion indiquent que la plupart des Sud-africains, quelque soit leur race, s’opposent à

    l’avortement. Son porte-parole, Claude Newbury, voit dans la décision du cabinet "la décision la plus pernicieuse qui ait jamais

    été prise dans l’histoire de notre pays". Pro Life va intervenir

    auprès du tribunal constitutionnel pour y soutenir une définition

    constitutionnelle de la personne qui englobe l’enfant à naître.

    (apic/eni/be)

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