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    apic/Afrique du Sud/Apartheid

    Afrique du Sud: la lumière doit être faite sur les crimes

    commis sous le régime de l’apartheid, demande Ch. Beyers Naudé (240495)

    La vérité doit être faite, exige ce pionnier de la résistance à l’apartheid

    Utrecht 24avril(APIC) Toute la vérité doit être révélée sur l’histoire

    passée de l’Afrique du Sud - histoire faite d’injustice, de crimes et d’oppressions politiques, réclame Christian Beyers Naudé, un des pionniers de

    la résistance à l’apartheid.

    Exhortant les Eglises à apporter leur soutien, même critique, au gouvernement de Nelson Mandela, Christian Beyers Naudé, connu dans le monde entier pour la lutte qu’il a menée contre l’apartheid, et qui va célébrer ses

    80 ans le 10 mai, demande que soit révélée toute la vérité sur les injustices, les crimes et l’oppression politique. "Il est urgent que nous connaissions la vérité sur les actions politiques qui ont entraîné meurtres et

    crimes et dans lesquels ont trempé les services de sécurité du dernier gouvernement". Les auteurs de ces crimes, dit-il, doivent les confesser en public ou en privé.

    Dans une interview accordée à l’agence oecuménique ENI, lors de son récent passage aux Pays-Bas, ce pionnier de la résistance à l’apartheid relève: "Nous ne demandons pas un autre ’procès de Nuremberg’ parce que cela

    donnerait l’impression que nous voulons prendre notre revanche sur ceux qui

    ont opprimé le pays". Mais, poursuit-il, les familles des pères, des fils

    ou des filles, qui ont été assassinés, nous interrogent. Elles veulent toutes savoir qui a tué leurs proches. Je me souviens d’un prêtre de l’Uruguay

    qui parlait d’une mère dont l’enfant avait disparu, et qui disait: ’Mon père, je veux pardonner, mais je ne sais pas à qui et pourquoí".

    Une question de mémoire

    "En tant que Sud-Africain, j’ai une raison particulière de vouloir connaître la vérité sur les actions secrètes perpétrées par les services de

    sécurité les dernières années. Par le biais de son Conseil de sécurité, le

    dernier gouvernement, auquel appartenaient l’ancien président F.W. de Klerk

    et le ministre Pik Botha, ont approuvé secrètement et laissé s’accomplir de

    nombreux crimes politiques, dont des millions de Blancs n’ont jamais eu

    connaissance. Si ces crimes ne sont pas révélés, des milliers d’entre eux

    vont dire: ’Nous ne croyons pas que ceci s’est passé; ce n’est pas vrai. Je

    crois aussi qu’il faut enquêter sur d’autres crimes: ceux qui ont été commis par le Congrès national africain (ANC), l’Inkatha, le Congrès panafricaniste (PAC) et la police Kwazulu".

    C. Beyers Naudé, un des fondateurs de l’Institut chrétien et ancien secrétaire général du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC), vient

    d’achever sa biographie et il a prononcé sa dernière prédication officielle

    devant les fidèles de son Eglise à Alexandra, près de Johannesburg. Selon

    lui, les Eglises devraient aider le gouvernement du président Nelson Mandela en approuvant la nouvelle Constitution, en appuyant ses projets de développement, en bref, en construisant un nouveau pays.

    Selon C. Beyers Naudé, l’un des principaux problèmes auquel doit faire

    face le gouvernement de Nelson Mandela est le très grand nombre de chômeurs

    en Afrique du Sud, pour la plupart de jeunes noirs. L’éducation, tout comme

    le logement, sont aussi de grands problèmes. Sept millions de Noirs sont

    sans foyer ou vivent dans des taudis. "Cette situation, héritage du système

    de l’apartheid, doit changer". Franchement, observe-t-il en conclusion, "je

    ne vois pas comment le gouvernement pourra surmonter ces difficultés en une

    si brève période. Il faudra des années pour combler le fossé, créé par

    l’apartheid, qui existe entre la riche communauté blanche et la pauvre

    communauté noire..." (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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