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    Le texte contient 58 lignes (max. 75 signes), 622 mots et 4239 signes.

    apic/Affaire Gaillot/Réactions en Belgique

    Belgique:"Lettre ouverte pour une Eglise ouverte" (200195)

    Des organisations catholiques déplorent la "dureté" et

    l’"autoritarisme" du Vatican dans l’"affaire Gaillot"

    Bruxelles, 20 janvier, 20janvier(APIC/CIP) Une semaine après la révocation par le Vatican de Mgr Jacques Gaillot comme évêque d’Evreux, en Normandie, plusieurs organisations catholiques de Flandre ont publié le 20

    janvier une "Lettre ouverte pour une Eglise ouverte", qui met en cause ce

    qu’elles appellent la "dureté" et "l’autoritarisme" du Vatican. Elles

    demandent instamment que le Vatican reconsidère sa décision.

    Cette lettre est signée par les représentants des "Welzijnszorg" et

    "Broederlijk Delen", chargées respectivement de la campagne d’Avent et de

    la campagne du Carême de Partage en Flandre, de la Commission flamande

    Justice et Paix, de Pax Christi Flandre, ainsi que du groupe de d’animation

    ecclésiale pour une vie en société multiculturelle.

    Les signataires de la lettre ouverte reprochent au Vatican son style

    d’intervention "dur" et "autoritaire", qui a pour effet de susciter "une

    polarisation inutile et dangereuse". On reproche à Mgr Gaillot d’avoir

    souvent pris position de manière unilatérale et d’avoir montré trop peu

    d’attachement à la collégialité avec l’épiscopat français et avec Rome. Les

    signataires prennent acte de ces reproches mais poursuivent : "Ces mêmes

    reproches ne valent-ils pas tout autant sinon davantage encore pour la

    manière dont la hiérarchie ecclésiale a traité ce conflit ?"

    Les "organisations" instigatrices de cette lettre ouverte rappellent

    qu’elles ont pour mission, de la part de l’Eglise, de travailler à la libération évangélique de ceux qui subissent des formes d’oppression. C’est à

    ce titre qu’elles se sentent interpellées par la révocation d’un évêque en

    qui elles ont pourtant reconnu, disent-elles, "la voix d’un prophète profondément croyant" et "la voix des sans-voix". "La voix aussi qui traduit

    ce que beaucoup pensent au sein de l’Eglise et qui atteint aussi les personnes qui ont des liens ténus avec l’Eglise, ou bien n’ont pas ou n’ont

    plus de liens avec elle".

    Espoir que le Vatican "se rende compte de son erreur"

    Les auteurs de la "Lettre ouverte" se disent donc "aux côtés" de Mgr

    Gaillot, "non par culte de la personnalité, mais par respect pour toutes

    les personnes à qui, de par cette révocation, on a causé du tort". Les

    signataires n’entendent pas s’en tenir aux seuls faits. "En tant que

    chrétiens, écrivent-ils, nous vivons de l’espérance". Ils expriment donc

    l’espoir que le Vatican se rende compte de son erreur et de sa mauvaise

    manière d’aborder les conflits. Ceci implique, souligne la lettre ouverte,

    "une révision" de la révocation de Mgr Gaillot.

    Pour sa part, le Bureau international de coordination de "Kairos Europe", réseau de concertation et d’action oecuméniques en faveur de la Justice en Europe, déplore également la mesure prise contre l’évêque d’Evreux.

    "Kairos Europe" relève que Jacques Gaillot "est de ceux qui, résolument,

    ont fait l’option préférentielle, mais non exclusive, des exclus. Il est

    une des rares lueurs d’espoir pour les laissés pour compte et pour tous

    ceux qui luttent pour un monde solidaire. Entre le faible et le fort, il a

    opté clairement."

    Revoir la décision de destituer Mgr Gaillot

    En destituant l’évêque d’Evreux, explique le coordinateur de "Kairos Europe", "les plus hautes autorités de l’Eglise s’identifient avec le camp

    des puissants". Engagées aux côtés des plus démunis, les "Equipes d’Entraide" de Belgique se déclarent elles aussi "profondément bouleversées" par la

    révocation de Mgr Gaillot et l’ont fait savoir au cardinal Angelo Sodano,

    secrétaire d’Etat du Vatican, ainsi qu’au cardinal Bernardin Gantin, préfet

    de la Congrégation pour les évêques. Les "Equipes d’Entraide" disent ne pas

    comprendre que Rome ait pris une telle décision "vraiment injuste vis-à-vis

    d’un prêtre de Jésus-Christ qui n’a fait que prendre l’Evangile au sérieux". Elles demandent "que réparation soit faite" des dégâts causés tant

    à Mgr Gaillot personnellement qu’aux exclus et à l’Eglise dans son ensemble. (apic/cip/be)

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