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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    apic/Action de Carême/Lancement de la campagne 96/Genève/St-Pierre

    Genève:Un millier de personnes à la célébration (250296)

    d’ouverture de la campagne oecuménique de carême

    Ruth Dreifuss demande davantage de justice dans les relations Nord-Sud

    Genève, 25février(APIC) Près d’un millier de personnes ont participé dimanche à la cathédrale St-Pierre à Genève à la célébration d’ouverture de

    la Campagne oecuménique de carême sur le thème "Enchanté-e de te connaître". La conseillère fédérale Ruth Dreifuss a également participé à la marche des oeuvres d’entraide dans les rues de Genève et au lâcher de ballons

    à la Place Neuve. Elle a plaidé pour l’introduction de normes éthiques et

    sociales dans les échanges économiques avec les pays du tiers monde.

    Préparée par les Commissions tiers monde des Eglises protestante et catholique de Genève (Cotmec et Cotmep), les secrétariats romands de l’"Action de Carême" et de "Pain pour le Prochain" et la paroisse de St-PierreFusterie, cette cérémonie ouvrant la Campagne de carême s’est tenue pour la

    première fois en Suisse romande. Des délégations des autorités genevoises,

    de l’Eglise grecque-orthodoxe et des communautés juive, musulmane et

    bouddhiste de Genève y ont participé.

    Apportant le soutien du Conseil fédéral, Ruth Dreifuss a d’emblée salué

    la campagne de l’"Action de Carême" des catholiques suisses, de ses homologues protestant "Pain pour le prochain" et catholique-chrétien "Etre partenaires" visant à favoriser l’échange et la solidarité entre les différentes

    cultures et religions tant dans les pays du Nord qu’entre les pays dits développés et le tiers monde. "Face aux risques globaux, nous ne pouvons pas

    imaginer, à terme, que l’humanité survive, que la planète reste habitable,

    si nous ne nous attaquons pas ensemble aux problèmes de la pauvreté et de

    la destruction de l’environnement".

    En soutenant plus de 800 projets de développement dans une soixantaine

    de pays, ces oeuvres d’entraide apportent une contribution importante à la

    compréhension avec les pays du Sud, a-t-elle relevé. Mais outre les obstacles individuels qui empêchent la rencontre avec ceux qui sont différents par ex. les requérants d’asile ou les travailleurs migrants - Ruth Dreifuss

    a déploré que les règles de la concurrence internationale "favorisent systématiquement les plus forts".

    "Dans notre pays aussi, le jeu est inégal"

    Et la conseillère fédérale socialiste de plaider, dans les échanges économiques avec le Sud, des normes éthiques et sociales, le respect des

    droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses et des clauses de

    développement durable. "Dans notre pays aussi, le jeu est inégal", a-t-elle

    lancé, en défendant une politique sociale qui évite la marginalisation et

    permette aux gens de rester des acteurs à part entière de la société.

    Du haut de la chaire de la cathédrale, le pasteur Henry Babel, de la paroisse St-Pierre, a rappelé que dans le passé, durant des siècles, le destin des Suisses a été de "labourer leur terre ingrate, souvent sous un ciel

    hostile". "Mais aujourd’hui, a-t-il préconisé, reconnaissons nos privilèges

    et pensons à nos frères et soeurs deshérités des autres continents!".

    Pour Henry Babel, le programme des oeuvres d’entraide, "pain pour le

    prochain", évoque la 4e requête de la prière du Notre-Père enseignée par

    Jésus-Christ:"Donne-nous aujourd’hui le pain de ce jour". Se référant au

    catéchisme du réformateur Martin Luther - dont on fête cette année le 450e

    anniversaire de la mort - le pasteur de St-Pierre a souligné que le pain

    quotidien signifie ici tout ce qui est nécessaire à la vie:pas seulement

    la nourriture, mais la santé, un foyer, de bons voisins, un gouvernement

    digne de confiance, la paix...

    Invité prestigieux de la campagne de carême, Mgr Samuel Ruiz Garcia,

    l’évêque des "Indios" du Chiapas mexicain, a dit son émotion pour ce moment

    d’unité dans la cathédrale St-Pierre. Evoquant les siècles d’oppression subie par les "Indios" depuis la conquête espagnole, Mgr Ruiz a expliqué que

    l’on avait à ce point nié la dignité des premiers habitants de l’Amérique

    que l’on se demandait, dans les écoles théologiques de Salamanque, en Espagne, si les Indiens étaient des êtres humains, c’est-à-dire capables de recevoir le baptême. "Et pourtant, 500 ans d’oppression n’ont pas suffi à

    faire disparaître la grandeur des Indiens, pauvres parmi les pauvres!".

    Et Mgr Ruiz de déplorer qu’en cinq siècles de christianisation de ces

    peuples, "nous n’avons pas réussi à avoir une seule Eglise autochtone, indigène, parce que l’évangélisation a fait une identification entre le message de l’Evangile et l’imposition de la culture occidentale".

    Dans son message d’espoir pour la construction d’une humanité nouvelle,

    Mgr Ruiz a relevé que l’on commence à découvrir ce que veut dire évangéliser:reconnaître enfin une histoire spécifique pour chaque groupe humain

    dans sa recherche de Dieu, dans la seule histoire du Salut. (apic/be)

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