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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    apic/Action de Carême/Interview/A.-M. Holenstein/Campagne 96/Succès

    APIC - Interview

    Entretien avec Anne-Marie Holenstein, directrice de l’Action de Carême

    "Enchanté-e de te connaître", la campagne de carême 96 très bien accueillie

    Benno Bühlmann, agence APIC

    Lucerne, 1eravril(APIC) "Enchanté-e de te connaître", la Campagne oecuménique de Carême placée cette année sous le signe de l’interculturalité, de

    la rencontre et de la convivialité, a été accueillie très positivement par

    la population, se réjouit Anne-Marie Holenstein, depuis octobre dernier directrice de l’Action de Carême (AdC).

    La nouvelle directrice de l’AdC se montre confiante que les traditionnelles pochettes de carême, récoltées habituellement dans les paroisses le

    dimanche des rameaux et durant la Semaine sainte, seront bien remplies,

    malgré la récession. La campagne de cette année devait en effet toucher un

    plus large public. Le but espéré par l’AdC est d’augmenter le résultat de

    la collecte de 1% et de mieux se faire connaître auprès des jeunes, des

    paroisses et communautés chrétiennes.

    APIC:Mme Holenstein, vous êtes depuis l’automne dernier directrice de

    l’Action de Carême. Quelles sont vos premières expériences dans cette nouvelle tâche?

    A.-M.Holenstein:Je peux déjà tirer une bilan globalement très positif de

    ces six premiers mois. La mise au courant du travail par mon prédécesseur,

    Ferdinand Luthiger, s’est faite de manière très approfondie, de façon ouverte et complète, de sorte que lorsque le 1er octobre dernier je me suis

    retrouvée seule au gouvernail, je pouvais me sentir déjà bien sûre. Je ressens également la collaboration interne dans la maison aussi bien au niveau

    de la direction qu’avec les collaborateurs et collaboratrices comme très

    positive et encourageante.

    Parmi les gros projets auxquels nous nous sommes attelés et qui étaient

    déjà décidés, il y a la réalisation d’un nouveau concept ou la planification annuelle intégrée à partir de laquelle la direction formule des objectifs. Ces derniers sont élaborés avec les collaborateurs et les collaboratrices dans un processus de participation. Par ce moyen, nous avons entre

    les mains un instrument de direction avec lequel nous pouvons planifier le

    travail en fonction des buts formulés, que nous pouvons également contrôler.

    APIC:Vous êtes, comme on le sait, la première femme à occuper le poste de

    directrice de l’AdC. Est-ce que cette nomination a provoqué des réactions

    particulières?

    A.-M.Holenstein:Juste après mon élection, l’étonnement fut assez grand.

    Certains furent étonnés que l’AdC puisse nommer une femme comme directrice.

    Mais passé la surprise du début, je ressens cette nouvelle situation comme

    allant de soi. La collaboration dans les diverses structures de l’AdC se

    passe bien.

    APIC:La campagne oecuménique de l’Action de Carême et de Pain pour le Prochain est placée cette année sous le signe de la rencontre et de la convivialité avec des personnes d’autres cultures. Vous avez ainsi choisi un

    thème, la rencontre avec l’étranger, qu’une partie de la population suisse

    ressent d’une manière particulièrement sensible...

    A.-M.Holenstein:Au vu du thème de la campagne, je m’attendais à des réactions émotionnelles négatives. Mais nous pouvons maintenant constater avec

    une grande satisfaction que le thème a été accueilli tout à fait positivement. Je me serais plutôt attendue à ce qu’un thème qui nous interpelle

    personnellement se heurte à davantage de refus. Mais c’est le contraire qui

    s’est passé.

    Nous avons essayé de rejoindre les gens dans leur vie quotidienne et de

    leur faire comprendre qu’il y a aussi des possibilités d’expériences positives dans les rapports avec des étrangers. Je pense que c’était juste de

    ne pas aborder le thème en premier lieu sur le plan politique.

    APIC:"La rencontre" est l’un des mots-clefs de l’idée du "patchwork de la

    solidarité" par le biais duquel vous avez voulu lancer des projets concrets

    de rencontres interculturelles dans les paroisses de toute la Suisse. Ces

    rencontres devaient non seulement englober les étrangers au sens strict,

    mais aussi les personnes ou catégories de personnes isolées, exclues ou vivant différemment. Qu’a donné ce projet?

    A.-M.Holenstein:Nous n’en avons pas encore une vue d’ensemble. Mais nous

    avons déjà eu des retours de plus d’une centaine de paroisses catholiques

    qui nous ont envoyé une courte description de leurs actions de rencontre.

    Dans certains cas, il s’agissait tout simplement d’une soupe à midi, où

    l’on a expressément invité des étrangers; dans d’autres cas, les projets

    étaient plus ambitieux. Par exemple une paroisse de Lucerne a décidé de

    mettre sur pied une exposition de photos de mariage pour en faire le point

    de départ de discussions et de rencontres, avant tout avec des femmes

    venant d’autres cultures.

    APIC:Près de 3’000 paroisses étaient invitées à prendre part à ce projet

    de rencontre. N’aviez-vous pas placé la barre un peu trop haut?

    A.-M.Holenstein:Nous avons peut-être été ici un peu trop optimistes. Mais

    comme je l’ai déjà dit, nous n’avons pas encore une vue définitive de ce

    qui a été entrepris. Certes, il n’y a pas eu des milliers de projets, mais

    il s’est passé quelque chose.

    APIC:Les traditionnelles pochettes de carême sont en train de rentrer dans

    toutes les paroisses de Suisse. Malgré la récession et les difficultés

    croissantes sur le marché de plus en plus disputé des collectes, vous avez

    confiance que les dons vont progresser...

    A.-M.Holenstein:Nous pouvons en effet avoir confiance si l’on en croit

    les réactions enregistrées:ainsi, on a commandé cette année 35’000 agendas

    de plus que l’année précédente. Nous avons également essayé de faciliter le

    travail des paroisses en leur fournissant des dossiers de projets. Nous

    avons par ce biais essayé de mettre davantage en avant notre travail sur

    les projets. Nous avons en outre soutenu de façon supplémentaire le travail

    dans les paroisses par des mailings adressés aux donateurs et donatrices.

    APIC:L’on sait que la collecte de 1994 a connu un recul non négligeable;

    est-ce que la dernière campagne a permis un redressement?

    A.-M.Holenstein:Par rapport à 1994, la collecte de la dernière campagne a

    progressé de 404’000 francs, ce qui signifie 1,9% d’augmentation. C’est

    pour moi un signe d’espoir qu’il ait été possible, malgré la récession et

    le spectre du chômage, que l’Action de Carême connaisse une amélioration

    par rapport à l’année précédente.

    Il faut noter, dans le domaine des collectes, le rôle décisif que jouent

    les circonstances: ces derniers temps, il n’y a pas eu de grands appels à

    la générosité du public dans le domaine de l’aide en cas de catastrophe. De

    ce point de vue là, nous pouvons considérer la situation comme favorable.

    Il est en outre difficile d’évaluer l’impact, sur le montant des dons, de

    la baisse des revenus qui affecte aujourd’hui nombre de personnes.

    Une étude a montré de façon étonnante que, malgré la récession, la disposition à faire des dons et à offrir des cadeaux a plutôt augmenté ces

    dernières années. Il se peut qu’une situation économique difficile puisse

    pousser les gens à partager davantage que dans les périodes de vaches grasses.

    APIC:A qui bénéficie l’argent récolté par l’Action de Carême?

    A.-M.Holenstein:Déduction faite des parts diocésaines, près de 25% des

    dons vont à des projets pastoraux en Suisse, tandis que les 75% restants

    sont destinés à financer des projets réalisés en collaboration avec des

    partenaires des pays du Sud. La moitié de ces projets concerne la pastorale

    et l’autre moitié le développement. En tout, ce sont quelque 500 projets

    que l’AdC soutient chaque année. Nous nous concentrons sur certains pays et

    sur certains secteurs. Nous cherchons à soutenir les gens dans leurs propres efforts, en les aidant à s’organiser, à faire valoir leurs droits et à

    réaliser des projets concrets. Nos points forts concernent les projets à la

    base dans le secteur de la santé, de la formation et de l’agriculture. Dans

    ce domaine, notre priorité est moins la formation purement technique que le

    développement du "know-how" local, avec pour objectif de rendre le paysan

    le plus possible non dépendant des crédits nécessités par des investissements onéreux. (apic/bbü/be)

    Traduction réalisée par Jacques Berset

    Centre catholique des médias Cath-Info

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