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    apic/Accord de Paix Dayton/Réticences des évêques bosniaques

    Sarajevo:Les évêques de Bosnie-Herzégovine émettent de (111295)

    sérieuses réserves à propos de l’accord de paix de Dayton

    Victimes et agresseurs mis sur un même plan

    Sarajevo, 11décembre(APIC) Les évêques catholiques de Bosnie-Herzégovine

    émettent de "très sérieuses réserves" sur l’instauration d’une paix juste

    et durable en Bosnie sur la base de l’accord de Dayton, qu’ils qualifient

    "d’injuste". La signature de l’accord de paix est prévue le 14 décembre

    prochain à Paris. Les évêques croates, dans une lettre ouverte aux membres

    signataires et aux témoins de l’accord de Dayton, déplorent que dans cet

    accord, victimes et agresseurs aient été mis sur un même plan.

    Le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, son évêque auxiliaire,

    Mgr Pero Sudar, ainsi que Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka et Mgr

    Ratko Peric, évêque de Mostar, déclarent que l’accord de Dayton présente de

    graves lacunes au sujet de la restauration et la sauvegarde des droits fondamentaux de l’homme et en particulier sur le plan des libertés et des

    droits religieux.

    Les évêques évoquent les "très étranges contradictions", les questions

    ouvertes et les incertitudes qui se trouvent dans le plan de paix. Ils se

    demandent ainsi comment la Bosnie peut être un pays unitaire, si elle est

    divisée en deux entités séparées dans lesquelles il y a trois armées différentes. Les évêques croates de Bosnie-Herzégovine trouvent injuste que la

    moitié du territoire revienne à un tiers de la population et que la majorité de la population (croate) de la Bosanska Posavina (corridor de Brcko)

    soit soumise à la minorité serbe.

    Malgré ces insuffisances, les évêques se déclarent prêts à tout mettre

    en oeuvre pour que la guerre se termine et pour la conclusion d’un traité

    de paix solide. D’emblée, le cardinal Puljic a sévèrement critiqué l’accord

    de Dayton, déclarant que le traité légalise le nettoyage ethnique dans la

    région. "Cette paix est peut-être seulement un prolongement de la guerre,

    même si elle est un peu moins dramatique", s’est plaint l’archevêque de Sarajevo. Sa plus grande inquiétude concerne le retour des réfugiés dans leur

    foyer. Ce point précis est abordé, à ses yeux, d’une manière beaucoup trop

    générale. Sarajevo, a ajouté le cardinal, "doit retrouver son caratère pluraliste et multiculturel. Il n’est pas admissible, par exemple, que le gouvernement bosniaque puisse envisager dans les écoles de promouvoir que le

    seul enseignement religieux islamique".

    De son côté, la Commission "Justice et Paix" de la Conférence des évêques de Croatie, à Zagreb, a également dénoncé l’accord de Dayton, un accord qui "n’assure pas une paix juste et ne garantit pas la protection

    réelle des droits humains fondamentaux et des droits religieux et nationaux". "Justice et Paix" considère que ce traité de paix "récompense

    l’agresseur". (apic/kpr/ika/ba/be)

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