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    apic/8 mai/Conférence Evêques allemands

    Allemagne: la fin de la guerre a signifié libération et souffrance

    Déclaration des évêques pour le 50e anniversaire de l’armistice (260495)

    Bonn, 26avril(APIC) Pour les évêques catholiques allemands, la fin de la

    deuxième guerre mondiale signifie d’abord la libération d’un régime des

    plus criminels. Dans une déclaration publiée mardi à l’occasion du 50e aniversaire de l’armistice, les évêques rappellent néanmoins que pour la génération qui a vécu le 8 mai 1945, cette date signifie aussi douleur et souffrance, défaillance et culpabilité. L’espoir suscité par la fin de la guerre a été vite déçu par la division de l’Allemagne et la guerre froide, notent-ils encore.

    La résistance ou la passivité des catholiques durant l’époque nazie ne

    peuvent être oubliées estime la Conférence des évêques. Il s’agit d’appréhender la période du national-socialisme dans toute la complexité des événements et des forces en présence et d’éviter la tentation d’une perspective unilatérale ou celle de la négation des faits.

    Aux yeux des évêques, la vérité historique et la responsabilité pour

    l’avenir exigent de jeter un regard sur le nazisme libre de tout relativisme et de toute idéologie. "C’est seulement là où la faute est reconnue et

    où le repentir existe que la pardon et la réconciliation peuvent grandir",

    peut-on lire dans la déclaration.

    Les évêques soulignent qu’entre l’Eglise catholique et le nazisme il y

    eut un fossé profond et un refus réciproque. Dès 1933, cela s’est concrétisé dans de nombreux actes de résistance que le régime ne pouvait pas tolérer. Des catholiques ont été poursuivis et même tués à cause de leur engagement. Mais d’un autre côté, il y eut chez les catholiques un silence maladroit, une mauvaise retenue, des réactions de peur et des défaillances

    coupables. L’Eglise doit s’interroger si ses protestations ont toujours été

    suffisamment claires pour enrayer les mesures violant la dignité humaine et

    pour encourager la résistance des chrétiens et de toute la population. Des

    manquements, des erreurs et des contradictions sont à constater. Certes il

    y avait un ’non’ définitif de l’Eglise à l’idéologie raciste, mais il n’y a

    pas eu de clameur publique pour empêcher sa mise en oeuvre, reconnaissent

    les évêques.

    Aujourd’hui, les rivalités nationales, les vieilles luttes de pouvoir ne

    sont pas encore toutes dépassées. La déclaration des évêques invite à la

    vigilance, et à l’engagement pour les valeurs humaines fondamentales, en

    particulier le droit à la vie. L’aveuglement idéologique, le nationalisme,

    la violence, la discrimination des minorités ne doivent plus jamais prendre

    le dessus, conclut la Conférence épiscopale. (apic/kna/mp)

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