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    Le texte contient 56 lignes (max. 75 signes), 617 mots et 4150 signes.

    apic/1ère Bible tsigane/Difficultés catholiques/Pas d’imprimatur

    Europe de l’Est: Première édition complète (180695)

    du Nouveau Testament dans une langue tsigane

    Difficultés catholiques pour l’"imprimatur"

    Varsovie/Genève, 18juin(APIC/ENI) La publication de la première édition

    complète du Nouveau Testament dans une des principales langues tsiganes a

    été reportée indéfiniment parce que l’Eglise catholique romaine ne peut

    trouver aucun expert capable de vérifier son exactitude, annonce l’agence

    de presse oecuménique ENI basée à Genève.

    Une traduction du Nouveau Testament en lovari, fruit de huit années de

    travail mené par un tsigane hongrois, Jozsef Daroczi Chola, avec la collaboration de consultants catholiques romains, a été présentée au pape JeanPaul II durant la visite qu’il a effectuée en Hongrie en 1991.

    Le nonce apostolique à Budapest, l’archevêque Angelo Acerbi, a confirmé

    que les autorités ecclésiastiques ne pouvaient accorder l’"imprimatur" car

    l’Eglise n’avait pas trouvé un expert connaissant suffisamment le lovari et

    l’exégèse biblique. Mgr Acerbi a précisé que l’on ne savait pas encore si

    et quand la traduction obtiendrait l’approbation de l’Eglise, ce qui permettrait sa diffusion en tant que texte autorisé. Entre autres difficultés

    de traduction rencontrées en lovari figure le mot Dervla, qui signifie à la

    foi Dieu et le Diable.

    Les Tsiganes d’Europe orientale, dont le nombre est de 4,8 millions, représentent la moitié de la population tsigane mondiale et sont la minorité

    la plus grande, la moins organisée et la plus méprisée de la région. L’origine du nom slave pour désigner les tsiganes - tsigani ou "intouchables",

    remonte au 13e siècle. Environ 500’000 tsiganes, soit la moitié de la population tsigane d’Europe orientale à l’époque de la deuxième guerre mondiale, ont été exterminés par les nazis. Et ce n’est qu’en 1993 que cette tragédie - le Porajmos - a été commémorée officiellement pour la première

    fois. Depuis la chute du communisme, le taux élevé de chômage parmi les

    tsiganes s’est accompagné d’une hostilité croissante à l’égard de ceux-ci

    dans plusieurs pays d’Europe orientale.

    La plupart des Tsiganes ont adopté la religion prédominante de leur pays

    de résidence, l’orthodoxie en Roumanie et en Bulgarie, et le catholicisme

    romain en Slovaquie et en Pologne. Environ 70 % des 700’000 tsiganes de

    Hongrie, qui en avril ont été les premiers de la communauté tsigane d’Europe orientale à élire un Conseil directeur national, sont principalement

    catholiques romains, même si un certain nombre sont membres des Eglises réformée et grecque-catholique. Le sociologue bien connu Miklos Tomka a déclaré au correspondant d’ENI que, depuis 1945, au moins trois traductions

    du Nouveau Testament avaient été effectuées en Russie, en Serbie et en Finlande, dans des langues employées par des communautés tsiganes plus petites, même s’il n’existait pas de traduction complète de la Bible.

    Aucun expert catholique romain suffisamment versé en langues tsiganes

    Alors que la majorité des Tsiganes hongrois parlent soit le hongrois

    soit le roumain, a-t-il expliqué, moins de 50 % connaissent une des trois

    grandes langues tsiganes. "Cette situation a engendré un problème multidimensionnel", fait remarquer Miklos Tomka. "Chaque langue compte environ 700

    paroles tsiganes authentiques, qui dérivent de l’hindi ou du sanskrit,

    alors que les autres sont empruntées à d’autres langues. Mais, en tout cas,

    le nombre total de quelque 2’500 mots est insuffisant pour assurer une traduction normale de la Bible.

    Il faut préciser qu’il n’existe aucun expert catholique romain en Hongrie ou au Vatican qui connaisse assez de dialecte tsigane pour savoir si

    la traduction est correcte et précise. Le sociologue souligne les problèmes

    causés par le manque de précisions théologiques, de nombreuses paroles tsiganes pouvant s’appliquer aussi bien au monde chrétien qu’à celui de la

    sorcellerie. "Il est très difficile de donner une image correcte de Jésus,

    lorsque des mots aussi simples que Dervla peuvent signifier à la fois

    ’Dieu’ et ’Diable’ en lovari". (apic/eni/be)

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