Discrimination institutionalisée, affirme une mission d’enquête des Eglises
Tokyo, 2juillet(APIC) Les droits fondamentaux des migrants asiatiques au
Japon ne sont pas respectés, affirme une mission d’enquête envoyée à la mijuin dernier par le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) et la Conférence
chrétienne d’Asie (CCA). Une discrimination qui touche tous les domaines de
l’existence.
La justice pénale traite différemment les Asiatiques et les ressortissants japonais, et cela à tous les niveaux du processus judiciaire. Les autorités de l’immigration et de la police infligent aux travailleurs étrangers un traitement inhumain, recourant parfois à la violence physique et
verbale. Les conditions de travail et de vie des migrants sont plus difficiles que celle des Japonais: travaux dangereux, sécurité insuffisante, aucune assurance de soins ou de compensation en cas d’accident, et surtout
risque de ne recevoir aucun salaire ou un montant inférieur à celui convenu
au départ.
La situation des femmes asiatiques dans l’industrie du sexe est choquante, souligne la délégation d’Eglises : recrutement sur la base de fausses
promesses, commerce, prostitution, emprisonnement. Le manque d’indépendance
de ces femmes et leur ignorance de la langue japonaise les soumettent totalement à leurs employeurs.
Les membres de la mission se déclarent préoccupés par le nombre infime
de demandeurs d’asile accueillis - moins de 200 personnes depuis 1982 - en
un temps où les pays s’efforcent d’ouvrir leurs frontières pour pallier le
problème de l’afflux des réfugiés.
Bénéficiaires de l’aide et des investissement japonais, les gouvernements du tiers monde préfèrent fermer les yeux lorsque leurs ressortissants
sont exploités. En gardant le silence, ils sont également responsables de
la violation des droits des travailleurs migrants, estiment les membres de
la délégation.
En conclusion, la mission d’enquête et deux organisations japonaises l’association chrétienne chargée du problème des réfugiés et des travailleurs migrants et le Forum pour les travailleurs immigrants asiatiques estiment que la question du traitement des travailleurs migrants au Japon
n’est qu’une facette d’un problème plus vaste, à savoir la disparité économique entre le Japon et ses voisins asiatiques.
A l’origine de la migration se retrouvent des structures d’oppression
économique, l’intervention étrangère et les troubles politiques. Les industries traditionnelles de nombreux pays du tiers monde ont été détruites
sous couvert de développement. Le gouvernement japonais porte une responsabilité particulière à cet égard, souligne la délégation. Jusqu’à ce que ces
causes soient éliminées, les populations pauvres continueront à affluer au
Japon dans l’espoir de trouver du travail, relève-t-elle. (apic/soepi/cor)