Anvers: télégramme du cardinal Godfried Danneels (150191)
L’organisation d’une conférence internationale est préférable à la guerre
Anvers, 15janvier(APIC) Le cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles et président de Pax Christi international a adressé le 14 janvier un
télégramme au président irakien Saddam Hussein et au président américain
George Bush. Dans son télégramme, le cardinal demande aux deux présidents
de soutenir l’organisation d’une conférence de paix internationale dans laquelle tous les problèmes non résolus du Moyen-Orient puissent être discutés.
Mgr Godfried Danneels supplie le président Hussein "de retirer ses troupes du Koweït et de soumettre tous ses griefs à cette conférence de paix".
Le président de Pax Christi international presse également le président
Bush "de ne pas faire usage d’armes en ce moment de crise. Il faut laisser
le temps d’agir à l’embargo imposé par les Nations Unies", explique le cardinal.
Pax Christi international avait le 2 octobre déjà précisé sa position
sur la crise du Golfe. Le mouvement condamnait l’invasion du Koweït par
l’Irak et approuvait la décision de l’ONU d’imposer des sanctions à l’Irak,
tout en insistant pour que les vivres et les médicaments ne soient pas soumis au blocus. Cependant, le mouvement ajoutait: "Même une grave injustice
comme l’invasion du Koweït peut avoir des racines dans les erreurs passées
et des inconstances présentes qui devraient être reconnues et examinées".
Parmi ces erreurs, Pax Christi international citait: "la domination coloniale passée et la domination économique actuelle au Moyen-orient", source de ressentiment dans les populations arabes; l’aide économique et militaire fournie au régime de Saddam Hussein malgré ses nombreuses violations
des droits de l’homme; l’implication dans la crise d’autres pays peu démocratiques.
Le mouvement catholique pour la paix relevait encore: "Quelle que soit
sa raison d’être historique, la création du Koweït comme Etat indépendant
semble avoir impliqué pour l’Irak une restriction sévère de son accès à la
mer". D’autre part, "la réaction rapide et sévère, surtout des pays occidentaux, à la violation territoriale du Koweït par l’Irak a mis en relief
l’absence d’une réponse équivalente à beaucoup d’autres violations territoriales au Moyen-Orient. En particulier, il faut reconnaître que la question
palestinienne et d’autres questions, y compris l’occupation par Israël de
la rive ouest du Jourdain, n’ont pas été réellement abordées". (apic/cipba)