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    Le cardinal Danneels précise le rôle de l’éducation chrétienne

    Anvers: Congrès de l’Enseignement catholique en Flandres (291093)

    "L’école catholique doit promouvoir l’humanisation et l’ouverture à Dieu"

    Bruxelles, 29octobre(APIC) Le cardinal Godfried Danneels a inauguré le 26

    octobre à Anvers un important Congrès de l’Enseignement catholique en Flandres. Cette rencontre, centrée sur "l’identité et la reconnaissance de

    l’école catholique aujourd’hui", a permis à l’archevêque de Malines-Bruxelles de réaffirmer que l’école catholique doit promouvoir l’humanisation.

    Dans ce sens, il a encouragé les enseignants à relever ensemble le défi

    d’un projet éducatif visant à favoriser l’ouverture aux hommes et l’ouverture à Dieu.

    "L’école catholique est à un tournant de son histoire. Elle doit s’évaluer honnêtement. Les évêques aussi ont leur mot à dire", a-t-il déclaré en

    ouverture du Congrès. Le christianisme étant "une religion de l’incarnation", il fait confiance "aux acquis des sciences humaines en matière

    d’éducation". Et il le fait avec d’autant plus de confiance en l’homme

    qu’il est aussi une "religion de salut". L’école catholique doit dès lors

    se préoccuper non seulement d’humaniser, mais aussi d’ouvrir au don de Dieu

    qui sauve. Ce qui implique, a-t-il poursuivi, une capacité "de critique et

    d’interpellation", car miser sur les sciences humaines ne devrait pas conduire à "un oubli du Créateur".

    "L’école catholique d’aujourd’hui n’est pas homogène, ni en matière de

    foi, ni dans la pratique, a reconnu Mgr Danneels. "C’est un fait que l’on

    constate et chez les fidèles et chez les professeurs. Mais il ne faut pas

    pour autant en revenir à des écoles fermées, homogènes, clairement profilées. Cela aurait des conséquences néfastes pour les pauvres. Cela favoriserait l’élitisme et surtout, cela pousserait à l’orgueil spirituel.

    "L’hétérogénéité du public ne doit pas pour autant déterminer la qualité

    de ce que l’école peut offrir", a encore souligné le cardinal belge. "Il ne

    s’agit pas simplement de s’adapter aux attentes d’une clientèle. En matière

    d’éducation, le principe du marketing est inadmissible. Il faut continuer à

    présenter et à proposer la foi chrétienne et la vie évangélique..." Voilà

    qui devrait "aider les professeurs à trouver la bonne attitude: ni la résignation, ni l’agressivité, mais la pleine confiance".

    Paradoxes

    Le projet éducatif chrétien cultive "pas mal de paradoxes", a constaté

    le cardinal. Par exemple, il marie "l’ouverture" aux autres et la sauvegarde de "l’identité". Non sans humour, l’archevêque note que l’ouverture concerne surtout ceux avec qui on est le moins porté à partager: les pauvres,

    les étrangers...

    Devant la "très grande diversité de convictions et de pratiques" que

    l’on observe chez les élèves, que peuvent les professeurs? "Non pas se réfugier derrière le plus petit dénominateur commun des élèves, mais présenter sereinement la foi et la proposer, suggère-t-il. Avant de relever: "Le

    chemin qui mène à Dieu et à la foi passe par le chemin d’une humanisation

    plus profonde; il emprunte notamment la voie de la vérité, de la bonté et

    de la beauté".

    Le christianisme suscite d’ailleurs chez certains jeunes un assez grand

    intérêt... "Ce n’est pas seulement l’un ou l’autre individu, mais le corps

    enseignant tout entier qui doit être porteur du projet éducatif chrétien".

    Pour Mgr Danneels, un enseignant chrétien ne doit pas seulement faire preuve de compétence en pédagogie et dans une discipline donnée, mais apprendre

    "à se situer dans le courant d’un projet divin". Le projet éducatif chrétien "puise à la fois à la source de l’homme et à la source de Dieu". On y

    explore le visible et on y écoute l’invisible.

    La tâche du professeur de religion est de maintenir l’équilibre entre

    les deux. Et l’archevêque de Malines-Bruxelles de conclure qu’"un cours de

    religion ne peut se limiter à une observation à distance du phénomène religieux: il comporte aussi une évangélisation. Ne confier à l’école que ce

    qui relève des connaissances religieuses pour réserver à la paroisse ce qui

    concerne la conviction intime et l’approfondissement de la foi n’est pas

    réaliste et ne se jusfifie pas".

    Le projet éducatif chrétien s’arc-boute nécessairement, comme toute activité ecclésiale, à trois piliers: celui de l’annonce et de la découverte

    de l’Evangile, celui de la prière et de la liturgie, celui enfin de l’engagement et du service rendu à la société. (apic/cip/pr)

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