Le cardinal Basil Hume optimiste
Londres, 8mars(APIC) L’épiscopat catholique d’Angleterre est proche d’un
accord avec les "rebelles" anglicans, c’est-à-dire les opposants à l’ordination des femmes décidée en novembre dernier par le Synode de l’Eglise
d’Angleterre. C’est ce que rapporte le "Times" qui parle de 500 à 1000 prêtres désireux de passer dans l’Eglise catholique et d’y continuer leur ministère.
Les conditions font actuellement l’objet de négociations avec le primat
de l’Eglise catholique en Anglettere, le cardinal Basil Hume. Le Saint-Siège est également tenu au courant de toutes ces démarches. Selon le "Times",
ces discussions pourraient être rapidement couronnées de succès.
Mgr Graham Leonard, ancien évêque anglican de Londres, a proposé deux
solutions: une Eglise "uniate" de rite anglican, sur le modèle des Eglises
orientales; une prélature personnelle du type de celle dont bénéficie
l’Opus Dei. Du côté catholique, ces deux propositions suscitent des réserves. Il est vraisemblable que des cérémonies de rite anglican pourraient
être célébrées au sein des structures actuelles de l’Eglise catholique.
Mais l’Eglise catholique, par une bulle du pape Léon XIII en 1896, ne reconnait pas la validité de l’ordination des évêques et des prêtres anglicans. Difficulté qui pourrait être surmontée par une "ordination conditionnelle" à la manière des baptêmes conditionnels donnés à des convertis venant d’autres confessions chrétiennes et pour lesquels il y a des incertitudes quant à la validité du baptême.
La Conférence des évêques catholiques d’Angleterre n’a pas encore discuté de la question. Le cardinal Hume s’est néanmoins déclaré très optimiste.
Pendant des siècles l’Eglise catholique du pays a prié pour la "conversion
de l’Angleterre". Selon l’archevêque il serait tragique de laisser passer
l’occasion de faire un pas vers la restauration de l’unité avec Rome.
Parmi les laïcs catholiques, on semble moins enthousiaste que le président de la Conférence épiscopale. On doute que la seule ordination des femmes soit une raison suffisante pour une conversion des anglicans à la foi
catholique. Une conversion implique une indentification avec toute la foi
catholique insiste-t-on. On craint aussi que des passages massifs à l’Eglise catholique aient des répercussions sur le climat oecuménique. Des raisons pratiques sont également avancées. La conversion d’un millier de prêtres ne signifie pas que leurs communautés sont prêtes à les suivre. Et même dans ce cas, les églises et tous les bâtiments, resteraient propriété de
l’Eglise anglicane. L’Eglise catholique, minoritaire, n’a pas ses propres
églises dans tout le pays. En cas de passage à l’Eglise catholique, les fidèles n’auraient pas de lieux de culte pour la liturgie catholique et
devraient faire de longs déplacements. (apic/kpr/mp)