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    Une contribution égale et complémentaire à celle de l’homme

    Angleterre: témoignage d’une femme future prêtre (180193)

    Leeds, 18janvier(APIC) Mary Jarvis est diacre ordonnée de l’Eglise anglicane d’Angleterre. C’est une des nombreuses femmes qui attendent maintenant

    la possibilité d’être ordonnées prêtres dès 1994, conformément à la décision du Synode d’Angleterre du 11 novembrte dernier. Elle exerce un ministère à plein temps dans l’Eglise anglicane depuis 1980. Elle est actuellement dans la paroisse de Christ Church Upper Armley à Leeds, communauté de

    tendance évangélique où l’on préfère parler de pasteurs que de prêtrtes.

    Dans une interview à la revue "Christianisme au XXe siècle", Mary Jarvis a

    donné son opinion après cette décision importante.

    Vous pensez que la femme peut avoir, sans problème, un ministère de pasteure dans l’Eglise?

    Mary Jarvis: Je crois que la femme peut avoir une contribution égale et

    complémentaire à celle de l’homme dans le corps du Christ; autant dans un

    ministère individuel pour tous qu’auprès des autres responsables d’Eglise.

    Quel a été votre itinéraire?

    M.J. J’ai commencé mon ministère comme "diaconnesse". Pour exercer ce

    ministère, nous avons à suivre exactement la même formation, dans l’Eglise

    anglicane, que celle suivie par les hommes pour être diacres. Après un an

    de ministère, le diacre (homme) est ordonné prêtre. Ce n’était pas le cas

    pour les femmes. Depuis 1987, les femmes diacres reçoivent le titre de "Révérend" et peuvent présider les mariages. Lorsque je suis devenue diacre,

    je souhaitais pouvoir aussi devenir pasteure si les choses se débloquaient

    dans ce sens. Ma notion du sacerdoce est basée sur l’enseignement du Nouveau Testament où le seul prêtre authentique Jésus-Christ.

    Ayant reçu mon ministère par l’imposition des mains et jouissant de toute liberté pour expliquer les Ecritures, j’en suis arrivée à considérer

    comme normal que je puisse aussi présider la Sainte-Cène. Mais il faut être

    ordonnée prêtre pour cela.

    J’ai mis assez longtemps à me libérer et à comprendre que ce n’était pas

    contraire à ma conviction théologique de devenir prêtre. En fait, c’est

    l’accomplissement de ma vocation.

    Le refus de pouvoir être prêtre que vous avez connu jusqu’ici a-t-il été

    douloureux pour vous?

    M.J. Pour la plupart de mes consoeurs comme pour moi, il y avait là

    quelque chose de frustrant et de désolant: pourqoui nous privait-on d’un

    ministère entier, puisque nous pouvions déjà exercer tant d’activités dans

    l’exercice du culte? Les jeunes qui me suivent espèrent, elles aussi, avoir

    une réelle charge de pasteures.

    Considérez-vous la décision de l’Eglise anglicane comme une victoire et

    comment réagissez-vous à l’opposition toujours réelle?

    M.J. Je prends la décision telle qu’elle est, et c’est tout. Cette égalité était nécessaire dans notre société. La plupart des prêtres (hommes et

    femmes) sont reconnaissants de ce que dans ce débat, parfois difficile,

    nous ayons pu garder l’amour fraternel malgré les différentes opinions.

    Nous avons également pu prier les uns pour les autres. Bien sûr les collègues masculins "pour" sont un réel soutien. Mais nous nous encourageons

    tous à prier aussi pour ceux qui, depuis le vote, sont dans la peine.

    On a parlé de cassure, de déchirure au sein de l’Eglise anglicane. Qu’en

    est-il?

    M.J. Il faut éviter cela et donc continuer à prier ensemble. Et vous ailleurs, priez pour nous ici. L’Eglise d’Angleterre est fière de son unité

    malgré une grande diversité en son sein. Pour quelques prêtres, il s’en est

    fallu de peu en effet, qu’ils rejoignent les catholiques-romains. Ils en

    avaient vraiment l’occasion. Mais ils ne faut pas désespérer ou s’inquiéter: pour beaucoup il faudra du temps, mais nous avons ce temps.

    Qu’est-ce qui va changer pour vous?

    M.J. Très pratiquement je n’aurai plus cette obligation d’inviter un

    homme prêtre pour présider notre Eucharistie quand mon collègue masculin ne

    sera pas là.

    Et quel changement pour l’Eglise?

    M.J. Je crois qu’un temps pénible est inévitable et il faut nous armer

    de charité et de sensibilité. Paradoxalement, il nous faut aussi résister à

    tout ce qui serait des tentatives de "nouvelles égalités" qui risqueraient

    de ne pas être bibliques. Celui qui est en nous et qui, je crois, a montré

    sa volonté dans ce vote pour l’ordination, est plus grand que celui qui est

    dans le monde. Avec Lui, nous pouvons envisager une Eglise fortifiée et encore plus capable de poursuivre sa mission à son service. (apic/bip/mp)

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