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    Angleterre: succession de l’archevêque de Cantorbéry

    Londres, 12 avril 1990 (APIC) L’annonce du retrait de l’archevêque de Cantorbéry et primat de l’Eglise anglicane Robert Runcie le 25 mars dernier suscite en Angleterre de vives discussions quant à sa succession. Le prochain archevêque de Cantorbéry aura la lourde tâche de garder l’unité de l’Eglise anglicane divisée par la question de l’ordination des femmes. Les spéculations vont bon train. Plusieurs noms sont avancés, dont celui de Robin Eames, archevêque d’Armagh, qui a de fortes chances, selon les bureaux de pari, de devenir le prochain archevêque de Cantorbéry.

    Le choix du nouveau primat peut durer un an. Cette période terminée, une commission composée de hauts responsables de l’Eglise anglicane proposera deux candidats à Margaret Thatcher, qui transmettra son choix à la reine Elisabeth II, chef de l’Eglise d’Angleterre. Celle-ci nommera formellement le nouvel archevêque de Cantorbéry.

    Une question déterminante dans le choix du prochain primat est celle de l’âge. En effet, l’archevêque de Cantorbéry doit démissionner dès qu’il a atteint l’âge de 70 ans. Or, selon des responsables de l’Eglise anglicane, il doit avoir exercé sa fonction quatre ou cinq ans avant de présider une Conférence de Lambeth. La prochaine aura lieu en 1998.

    Lors de la dernière "Conférence de Lambeth", l’Assemblée mondiale de l’Eglise anglicane tenue en 1988, Robin Eames, chef de l’Eglise anglicane d’Irlande, a présidé la commission pour l’unité de la communauté anglicane, même si plusieurs Eglises-membres ont admis des femmes à la prêtrise, ce qui a provoqué des scissions au sein de la commmunauté anglicane. Au cas où Robin Eames deviendrait effectivement primat de l’Eglise anglicane, il serait le premier archevêque de Cantorbéry non anglais depuis le moyen age.

    L’archevêque de York, John Habgood, est également un candidat possible, mais il se retirera en 1997, atteint par la limite d’âge. John Habgood est un scientifique d’une grande intelligence, ce qui le fait apparaître arrogant et distant aux yeux du peuple. Il a déjà repoussé toutes les spéculations quant à sa candidature et déclaré qu’il y a assez d’évêques plus jeunes pour occuper le poste d’archevêque de Cantorbéry.

    D’autres candidats se profilent: l’évêque de Winchester, Colin James, qui devra se retirer en 1996, et William Westwood, évêque de Peterborough, qui cessera son activité en 1995. L’on pense aussi à des évêques plus jeunes comme David Sheppard, évêque de Liverpool, qui s’est fait un nom en défendant la justice sociale, une attitude peu goûtée par Margaret Thatcher. En outre, il collabore étroitement avec l’évêque catholique Derek Worlock et passe pour "bienveillant envers les catholiques".

    Mark Santer, 53 ans, évêque de Birmingham, est aussi un candidat potentiel. Il est vice-président de la Commission de dialogue internationale anglicans/catholiques romains. Comme nouvel archevêque de Cantorbéry, il devrait renoncer au travail oecuménique qui l’occupe pour le moment.

    L’évêque de Durham, David Jenkins, est aussi en lice. Cet ecclésiastique contesté a fait par le passé les gros titres des journaux par ses positions théologiques: il mettait en doute des affirmations de foi de la doctrine chrétienne, comme par exemple la Résurrection du Christ. (apic/kna/cor)

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