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    Clergé anglican et catholique sur la sellette

    Angleterre: Le tabou des femmes sexuellement agressées par des prêtres

    Londres, 21 juillet 2003 (Apic) Une soixantaine de femmes ont déclaré avoir été agressées sexuellement par des membres du clergé en Angleterre. L’enquête menée par le quotidien "The Observer" concerne des cas portant sur ces deux dernières années, dans toute les Eglises du pays. Cinquante de ces témoignages accusent des membres du clergé anglican ou catholique.

    L’enquête menée par le journal britannique a été réalisée en collaboration avec la travailleuse sociale Margaret Kennedy, connue en Angleterre pour avoir été l’une des premières a dénoncé la pédophilie cléricale. Les recherches de Margaret Kennedy ont dévoilé une centaine de cas sur 2 ans, mais seulement soixante femmes ont accepté de témoigner. En outre cinq d’entre elles vivent dans la clandestinité, craignant pour leur vie, indique le journal.

    La travailleuse sociale, soulignant l’ampleur du tabou des femmes abusées en Eglise, estime que son enquête "ne représente que la pointe de l’iceberg". En général, il s’agit d’abus commis sur des femmes dans la détresse, qui viennent rechercher un réconfort moral auprès d’un prêtre, explique l’experte.

    D’autres cas portent notamment sur le viol d’une femme par un aumônier dans la morgue d’un hôpital, ainsi que des abus à répétions commis par un prêtre responsable de formation sur une femme anglicane, qui souhaitait rentrer dans les ordres.

    Rowan William accusé de laxisme

    Un cas a plus particulièrement retenu l’attention de "The Observer". Celui des harcèlements et de l’agression sexuelle commis par le chanoine Geoff Hewitt sur la femme vicaire Tanya Jenkins. Au moment des faits, le prêtre était sous la responsabilité de l’actuel primat de l’Eglise anglicane Rowan Williams. Ce dernier était alors archevêque du Pays de Galles. Informé de l’affaire, il n’a pas contrait l’abuseur à la démission, se contentant de le déplacer.

    Cette attitude est jugée par Helen Mary Jones, vice directrice de la Commission pour l’égalité, comme représentative du comportement des responsables d’Eglise qui, selon elle, "ne prennent pas ces affaires au sérieux".

    Le porte-parole du primat a assuré à "The Observer" que Rowan Williams prend l’affaire "très au sérieux" et a rappelé qu’il condamne et déplore les abus commis autant sur les enfants que le personnel d’Eglise adulte. (apic/observer/sh)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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