Lors de l’Angélus du 1er décembre 2024, le pape François a évoqué longuement les divers fronts de guerre en cours, notamment en Syrie et à Gaza. Souhaitant que le cessez-le-feu au Liban fasse des émules, il a appelé le pays à élire un président au plus vite.
Depuis la place Saint-Pierre, le pape François a salué le cessez-le-feu signé entre Israël et le Liban, entré en vigueur le 27 novembre. Cet accord prévoit le déploiement des forces armées libanaises dans le sud du Liban aux côtés des casques bleus des Nations unies, le retrait de l’armée israélienne et le repli du Hezbollah.
«Je souhaite qu’il puisse être respecté par toutes les parties, permettant ainsi à la population des régions touchées par le conflit – autant libanaise qu’israélienne – de rentrer rapidement chez elle en sécurité, avec l’aide précieuse de l’armée libanaise et des forces de paix des Nations unies», a déclaré François. Malgré le cessez-le-feu, des tensions perdurent, tandis qu’Israël a poursuivi des interventions armées.
S’adressant aux politiciens libanais, le pape a lancé «un appel pressant» à élire «immédiatement» un président de la République, dont le poste est vacant depuis plus de deux ans. Il a souhaité «que les institutions retrouvent leur fonctionnement normal pour réaliser les réformes nécessaires et assurer au pays son rôle d’exemple de cohabitation pacifique entre les diverses religions». Une session du Parlement libanais devrait avoir lieu le 9 janvier prochain pour procéder à l’élection.
Le pontife a aussi exprimé son espérance «que la lueur de paix qui s’est ouverte [au Liban] puisse conduire à des cessez-le-feu sur tous les autres fronts». Il a évoqué en particulier Gaza, appelant une nouvelle fois à «la libération des Israéliens qui sont encore retenus en otage» et plaidant pour «l’accès des aides humanitaires à la population palestinienne épuisée».
Par ailleurs, le pape François s’est inquiété pour la Syrie «où malheureusement la guerre s’est ravivée, causant de nombreuses victimes». Ces derniers jours, une offensive de groupes rebelles sur la ville d’Alep, dont le régime de Bachar Al-Assad a perdu le contrôle, a fait plus de 330 morts. «Je suis très proche de l’Église en Syrie», a confié le pape en invitant la foule à prier.
«C’est toute la famille humaine qui est vaincue»
Enfin, le pape a évoqué avec «douleur» le conflit «qui continue à ensanglanter l’Ukraine martyrisée». Près de trois ans après l’offensive de l’armée russe en février 2022, il a déploré «un immense épisode de morts, de blessés, de violences et de destructions». Et de marteler: «La guerre est une horreur. La guerre offense Dieu et l’humanité. La guerre n’épargne personne, la guerre est toujours une défaite, pour toute l’humanité».
Le pape s’est surtout préoccupé de l’hiver qui «arrive à grands pas, menaçant d’aggraver les conditions de vie de millions de personnes déplacées». Il a lancé un nouvel appel à la communauté internationale à faire «tout le possible pour arrêter cette guerre et faire prévaloir le dialogue, la fraternité et la réconciliation». Tout en ajoutant: «La recherche de la paix n’est pas la responsabilité de quelques-uns, mais de tous».
«Si l’accoutumance et l’indifférence aux horreurs de la guerre prévalent, c’est toute la famille humaine qui est vaincue», a aussi averti le chef de l’Église catholique, exhortant à ne pas se lasser de prier, alors qu’approche Noël et la naissance du «Roi de la Paix». (cath.ch/imedia/ak/bh)