est signé par une centaine de théologiens et responsables d’Eglises
Bruxelles, 12juillet(APIC/CIP) A l’image du "Kairos" sud-africain, le document "Défi à l’Eglise (1985), ou une centaine de théologiens proposaient
une réflexion théologique sur la situation politique du pays, y compris le
système de l’apartheid, une centaine de théologiens et de responsables
d’Eglises viennent de signer un "Kairos Centroaméricano".
Ce document a été signé par une vingtaine de Salvadoriens, de Guatémaltèques et de Honduriens dont les noms ne sont pas publiés, afin de ne
pas mettre leur vie en danger. Comme son modèle sud-africain, il s’agit
d’un document oecuménique. Parmi les signataires catholiques, on relève notamment les noms de Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de Sao Paolo (Brésil), et
de Mgr Mendes Arceo, évêque de Cuernavaca (Mexique).
Les auteurs de "Kairos Centroaméricano" cherchent à discerner les
"signes des temps" pour l’Amérique centrale, estimant que la région "vit un
moment décisif qui porte à l’action pour réaliser un développement intégral
de justice et de dignité, de respect de la création et de la paix".
Les signataires, qui représentent tous les pays de l’isthme, appellent
les chrétiens des Amériques et du monde entier à opter pour les pauvres.
Ils s’adressent ainsi aux Etats-Unis pour exiger qu’ils cessent définitivement leur appui à la contre-révolution au Nicaragua. Ils demandent à ce
même pays de respecter la souveraineté du Panama, conformément aux accords
"Torrijos-Carter".
S’adressant aux organisations humanitaires et de coopération au développement, les signataires demandent une collaboration pour la reconstruction
socio-économique de l’Amérique centrale. De plus, ils proposent à l’ONU et
à l’Organisation des Etats américains (OEA) d’organiser un processus qui
conduise au démantèlement des bases militaires étrangères en Amérique
centrale (Belize, Panama, Caraïbes), afin de faire de l’ensemble de cette
région une zone de paix. Enfin, à ces organismes et à d’autres, ils réclament que soit remise la dette du Tiers Monde.
Dans la première partie du document, consacrée à une analyse théologique, économique et politique, les auteurs fustigent la façon qu’a la société occidentale chrétienne de vivre sa foi et de manifester sa solidarité.
Par rapport à l’histoire, cette centaine de théologiens remettent en question le processus de colonisation à l’heure où, disent-ils, "sera célébré,
en 1992, le cinquième centenaire de la colonisation de l’Amérique".
"On ne peut justifier le génocide des populations autochtones des Amériques ni passer sous silence la misère à laquelle sont acculées les majorités opprimées", concluent-ils. (apic/cip/pr)