Amérique latine: tournant important dans le processus de (310192)
Des assemblées régionales annulées
Madrid, 31 janvier(APIC) Le feu nourri des critiques "nombreuses et consistantes" visant le document de consultation pour préparer la quatrième Assemblée générale de l’épiscopat latino-américain (CELAM) qui doit se réunir
l’automne prochain à Saint-Domingue commence à produire des effets. Les autorités du CELAM, selon l’hebdomadaire espagnol "Vida Nueva", "amorcent un
silencieux mais important virage".
Selon une source très fiable, proche du CELAM, citée par l’hebdomadaire,
les 22 conférences épiscopales du continent ont fait part de leurs doléances au siège de l’organisme à Bogota (Colombie). "Les critiques sont consistantes, bien argumentées et émanent d’évêques et de théologiens dont
personne ne peut mettre en cause la fidélité et la probité", indique cette
source, qui a demandé à rester anonyme.
Consolider Puebla
Les principales critiques s’accordent pour regretter que le document de
travail propose un schéma peu organique, des explications confuses et parfois inutilement érudites de certains phénomènes, et propose en outre des
options "simplistes ou peu consistantes".
"Si la quatrième Assemblée travaille sur la base du document de consultation, affirme le prélat cité par l’hebdomadaire espagnol, le texte final
de l’Assemblée de Saint-Domingue sera plus pauvre et beaucoup moins pragmatique que le document de Puebla."
Les critiques se concentrent particulièrement sur la pauvreté des apports pratiques, car "la majorité estime que le document de Puebla reste en
vigueur, et que celui de Saint-Domingue doit en conséquence renforcer ces
apports, repousser les réinterprétations et proposer des orientations pastorales pratiques".
Coûteux et inutile
Attentive à ces critiques, auxquelles elle a réservé un accueil positif,
la présidence du CELAM a apporté de profondes modifications dans le processus de préparation de l’Assemblée de Saint-Domingue. Pour le court terme,
les trois réunions régionales préparatoires de l’épiscopat qui auraient dû
se dérouler en juin prochain ont été purement et simplement annulées.
L’élément déterminant qui semble avoir pesé dans cette décision est le
bilan plus que mitigé du Congrès latino-américain sur la doctrine sociale
de l’Eglise, qui s’est tenu au Chili en octobre dernier. Beaucoup d’évêques
jugent en effet disproportionné le coût de ce type de rencontres en regard
des fruits récoltés. Outre que le Congrès n’a pas répondu aux attentes du
CELAM, la pauvreté intellectuelle des débats et des conclusions pratiques
condamne à elle seule de telles initiatives.
Place aux experts
Le CELAM semble avoir tiré les leçons de cet échec: mieux vaut à l’avenir renoncer à de tels concours de foule et réunir plutôt, sous la direction des autorités ecclésiales, des rencontres plus restreintes auxquelles
seraient conviés "de véritables experts des différentes disciplines", écrit
"Vida Nueva".
C’est pourquoi le CELAM penche, semble-t-il, pour l’alternative suivante: la convocation, en concertation avec le Conseil pontifical pour l’Amérique latine, d’un symposium d’experts latino-américains, dont les contributions serviraient de base aux débats de l’Assemblée de Saint-Domingue,
selon une méthode qui a fait ses preuves lors du récent Synode spécial sur
l’Europe, observe-t-on au CELAM. Un tel symposium n’affectera en rien le
processus normal de consultation en cours dans tout le continent en vue du
rendez-vous de Saint-Domingue. (apic/cip/ba)