Amérique Latine: préparation à un 5e centenaire (040888)
Fribourg, 4août(APIC) Quatre ans avant la célébration du cinquiéme anniversaire de l’Evangélisation de l’Amérique Latine, qui aura lieu en 1992,
le futur événement suscite d’ores et déjà bon nombre de réflexions. Les uns
s’interrogent à propos du rôle des missionnaires tout au long de ces cinq
siècles, en particulier de la place faite par l’Evangélisation dans cette
partie du monde aux différentes cultures, véritables mosaïques ethniques.
Les autres, sans pour autant nier la réalité ethnico-culturelle, sinon à
des degrés divers, se penchent déjà sur la signification et la dimension
religieuse, importante, qu’il conviendra de donner à cet anniversaire. Et
donc de le préparer. Ils s’interrogent aussi à propos du rôle et de la formation des missionnaires appelés à une évangélisation à l’échelon universel.
Dans le premier cas, la politique d’Evangélisation de l’Amérique latine
fera sans doute l’objet de nombreux débats d’ici à 1992. L’un de ceux-ci
aura lieu en février 1989. A cette occasion, et pour la première fois après
cinq siècles d’Evangélisation, le Conseil indien sud-américain (CISA) et
les évêques catholiques tiendront une importante réunion. Mgr Jaime Francisco De Nevares, évêque de la province de Neuquen (Argentine), et Mgr Miguel Esteban Hesayne, évêque de Viedma (province de Rio Negro), en Argentine également, ainsi que d’autres évêques de différents pays, ont pour beaucoup contribué à rendre possible cette rencontre.
Selon le CISA, la date de 1992 ne constitue pas vraiment pour les indiens une occasion de se réjouir. Et personne ne peut ignorer que l’histoire du peuple indien est jonchée de génocides, comme en convient le Pére Gustavo Gutierrez pour lequel les indiens ont été et sont encore massacrés
"car trop souvent pris pour quantité négligeable". C’est vrai aussi que les
droits des indiens ne sont pas toujours affirmés clairement dans les constitutions, et encore, lorsqu’ils y figurent. C’est là du reste une des exigences du CISA pour lequel l’histoire du peuple indien doit être réécrite
et qui fait de la lutte contre la discrimination l’un de ses objetifs afin
d’assurer la sauvegarde, le développement et l’épanouissement culturel et
social des nations indiennes.
Conscience et responsabilité missionnaire
Dans le deuxième cas, même si le CISA prête l’intention à certaines personnalités religeuses d’Argentine, en la lui reprochant, de célébrer en
1992 cinq siècles d’Evangélisation en Amérique Latine en des termes
"triomphalistes", il n’en demeure pas moins vrai que l’Eglise de l’Amérique
Latine prend de plus en plus conscience de la responsabilité missionnaire
qui lui revient. Et la forte sensibilisation de la conscience missionnaire
réalisée par Vatican II a eu un écho éclatant, pour ce qui concerne l’Eglise dans cette partie du globe, à la 3e Conférence de l’Episcopat Latinoaméricain (CELAM) tenue à Puebla en janvier/février 1979.
Le 11 octobre 1984 enfin, à San Domingo, dans le cadre de la préparation
au cinquième Centenaire de l’Evangélisation précisement, le pape Jean Paul
II déclarait dans son homélie: "Dans ce jubilé, l’Eglise voit un appel en
vue d’un nouvel effort de création dans son évangélisation".
Pour une évangélisation à l’échelon universel
Cet appel, le cardinal Tomko, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples et envoyé spécial du pape au 3e Congrès missionnaire Latino-américain (COMLA II) l’avait réitéré en se faisant l’écho du Message
du pape lors de son discours d’ouverture. Il avait demandé à toutes les
Eglises d’Amérique Latine de devenir évangélisatrices à l’échelon universel
en soulignant que les 2/3 de la population mondiale ne sont pas encore
chrétiens.
De fait, dans les Eglises d’Amérique Latine, on voit s’accroître le mouvement de formation et d’animation missionnaire, notamment grâce à des rencontres à l’échelon national et régional. L’une de celles-ci se déroulera à
Yurimaguas, au Pérou, du 26 au 30 août prochain. Cette rencontre réunira
des missionaires laïcs pour l’évangélisation en Amérique et dans les autres
continents. Selon des données récentes, le nombre de missionnaire latinoaméricains présents dans d’autres continents est en augmentation. Des
prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs des Eglises locales se
trouvent notamment en Afrique, en Asie et en Océanie.
Selon les mêmes sources, ces derniers seraient plus de 2000 missionnaires "ad extra":, dont 900 Mexicains, 400 Brésiliens, 230 Argentins, plus de
200 Colombiens et 80 Chiliens. (apic/fides/pr)