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    Des proportions alarmantes

    Amérique latine: les enfants, la drogue et la rue (300490)

    Lima, 30avril(APIC) "La vie est dure... je voudrais que ma mère connaisse

    les problèmes que je vis. Mais cela fait longtemps que je ne l’ai pas vue,

    ma mère". "A la maison? je n’y retournerai jamais! Là on me frappe et on

    abuse de moi" "Si, je voudrais m’en sortir pour être différent lorsque je

    serai grand". Le regard perdu, des mots à peine balbutiés, un rire exagéré

    bien vite tranformé en cris agressifs. C’est pourtant ainsi que s’expriment

    quelques-uns des enfants, parmi des dizaines de milliers d’autres en Amérique latine, tombés prématurement dans l’esclavage du sous-monde de la drogue. Le thème, sur un air malheureusement connu, revient sans cesse. Avec

    chaque jour plus de victimes. Pour le Bureau international catholique pour

    l’enfance, le problème de la toxicomanie des enfants peut être aujourd’hui

    qualifié d’extrêment grave dans le monde et en Amérique latine en particulier.

    Les enfants toxicomanes forment deux grands groupes. Celui - la majorité

    - qui voit les enfants travailler et vivre dans la rue. Avec pour ces gosses des journées qui commencent dès le lever du soleil et qui se terminent

    tard dans la nuit par la fatigue et le sommeil, sous un arbre, sur un banc

    ou plus simplement là où la nuit les a surpris. Leur alimentation, ils la

    gagnent en travaillant, en lavant des voitures, en cirant les souliers,

    souvent en volant. Le deuxième groupe d’enfants est composé de mineurs issus de familles plus ou moins aisées. Ils ont les caractéristiques de vie

    des enfants "normaux" au niveau de la vie de famille et des études accomplies dans des collèges particuliers.

    Selon la dernière étude sur les drogues réalisée par l’Organisation

    panaméricaine de la Santé (OPS), "l’abandon de l’école, l’absence de

    rapports au sein de la famille, la nécessité de "gagner" très vite sa vie

    et la migration des zones rurales sont autant de facteurs qui poussent les

    enfants vers la drogue. Inhalation de produits dangereux et peu coûteux,

    marihuana... Avant l’accoutumance. Avant la coca.

    La consommation d’alcool et de tabac par les enfants est également prise

    en considération par l’étude en question. Une étude réalisée en Equateur

    dans différents collèges du pays montre que 50% des enfants interrogés (entre 13 et 15 ans) consomment alcool et tabac et que 20% s’y adonnent avant

    12 ans.

    Au Mexique, 27% des mineurs vivant et travaillant dans les rues avouent

    avoir inhaler des produits dangereux et 22% admettent le faire quotidiennement. L’usage de la marihuana est admis par 10% d’enfants. Selon l’enquête

    réalisée, 300’000 enfants sont aujourd’hui confrontés au problème de la

    drogue, seuls 5’000 d’entre eux reçoivent une attention médicale ou autre.

    En Colombie, qui écoule à elle seule plus de 80% de la cocaïne sur le

    marché mondial, les enfants consomment un pourcentage élevé de tranquillisants. On estime à 23 sur 1’000 le nombre d’enfants de moins de 12 ans qui

    se drogueent d’une manière ou d’une autre. Si la situation est plutôt rassurante en Amérique centrale, à l’exception du Costa Rica où 12% des enfants admettent avoir recours à différents produits, la situation est en

    revanche préoccupante au Brésil et au Pérou. Dans les villes de Sao Paulo,

    Salvador et Porto Alegre (Brésil), l’étude indique que 86% d’enfants des

    rues entre 7 et 15 ans consomment du tabac, 51% de l’alcool, 44% de la marihuana et 11% de la cocaïne.

    Même topo au Pérou, pays où les plantations de feuilles de coca sont

    parmi les plus grandes du monde et qui enregistre un des plus hauts pourcentages de consommation de drogue par les enfants en Amérique latine.

    L’étude de l’OPS faite sur 400 enfants relève que 13% de ceux-ci s’y adonnent, 96% d’entre eux étant des garçons qui s’y sont initiés dès l’âge de 9

    ans. Un reportage fait à ce propos constatait pour sa part que les enfants

    représentaient le groupe le plus important de consommateurs de drogue du

    pays: 50% des enfants au total.

    Comment expliquer la vertigineuse croissance de la consomation de drogue

    par les enfants en Amérique latine? D’importants organismes se sont lancés

    dans la recherche des causes, dont le BICE. Les premières études démontrent

    que cette consommation n’est autre que le reflet d’une condition humaine

    marquée par l’absence de projets pour le futur, du vide dans lequel les

    plonge la vie, de la solitude qui les entoure. La grande majorité des enfants confrontés à ce problème sont des marginalisé et des laissés-pourcompte. Délaissés par les familles, éloignés de tout lien éducatif et social.

    Les enfant des zones de plantations de feuilles de coca figurent parmi

    les principales victimes de la drogue. Des milliers de mères de famille se

    voient dans l’obligation de travailler plus de 18 heures quotidiennement

    dans ces plantations. Elles n’ont souvent ni la force ni le temps de s’occuper de leurs enfants. Et lorsqu’avec le soir la faim se fait sentir pour

    les enfants, avec eux, pour calmer leurs cris, elles humidifient leurs

    lèvres d’un peu de coca. Les enfants qui naissent et vivent là y travaillent très tôt. Puis vient l’accoutumance. La dépendance ensuite.

    De nombreux organismes luttent aujourd’hui dans le but de trouver une

    solution à ces problèmes. Trop peu nombreux cependant, ils disposent de

    moyens financiers insuffisants pour faire face à ce fléau qui ne cesse de

    croître. (apic/selat/pr)

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