Amazonie: Tribus indiennes menacées d’extermination (040592)
Altamira, 4mai(APIC) "Les tribus indiennes de l’Amazonie sont menacées
d’extermination par l’insouciance et l’indifférence du gouvernement brésilien", affirme Mgr Erwin Kräutler, évêque de la Prélature de Xingu, en
Amazonie brésilienne. Dans un appel à la presse nationale et internationale, il déplore qu’au moment où le gouvernement va dépenser des millions de
dollars pour accueillir les chefs d’Etats qui viendront en juin à Rio de
Janeiro pour ECO-92, au moment où l’on réalise de grandes solennités commémorant de manière triomphale les 500 ans de la "découverte" de l’Amérique,
"les tribus indiennes Parakana, Arara, Araweté, Assurini et Kapayo-Xikrim
risquent d’être exterminées".
Selon Mgr Kräutler, d’origine autrichienne, la FUNAI, l’organisation officielle chargée du sort des Indiens au Brésil, est dans l’impossibilité
d’accomplir correctement sa tâche. 70 % des subsides fédéraux destinés au
maintien d’une infrastructure de santé, d’éducation et de transports pour
les Indiens ont en effet été supprimés. Par ailleurs, de grandes entreprises de commerce de bois (Maginco, Banac, Perachi) pillent depuis des années
les territoires dévolus officiellement aux Indiens. Elles font de grands
bénéfices en profitant de la situation de faiblesse des tribus qui ne peuvent résister à l’invasion.
De l’or contre du pain
Victimes aussi du pillage des chercheurs d’or, les Indiens n’ont parfois
pas d’autres alternatives pour survivre que "d’échanger l’or récolté dans
les rivières contre des morceaux de pain". C’est le cas, affirme l’évêque
de Xingu, pour la tribu Parakana, située près de la rivière Bom Jardim, affluent de la rivière Xingu.
La note de protestation rappelle également les conditions calamiteuses
de la "Maison de l’Indien", un dispensaire localisé à Altamira. L’infrastructure minimale pour accueillir des malades n’existe pas. L’évêque cite
un exemple: 20 indiens sont entassés dans un local de 20 mètres carrés et
la nourriture manque.
"Nous faisons appel à l’opinion publique mondiale et aux organisations
internationales pour qu’elles prêtent enfin attention à ces peuples menacés. Elles doivent élever ensemble une protestation solidaire contre ces
atteintes aux droits de l’homme", écrit Mgr Kräutler. "Au moment où l’on
érige des monuments aux conquérants du XVe siècle, poursuit l’évêque de
Xingu, nous découvrons aujourd’hui chaque jour parmi les descendants des
premiers habitants de cette terre d’Amazonie, le macabre tableau de la
faim, de la maladie et de la mort. La réponse du gouvernement brésilien: le
silence et l’oubli". (apic/em/cic/ba)