Strasbourg, 12octobre(APIC) "Signature pour le Pen : non pour motif de
conscience", tel est le titre d’un appel que la rédaction du "Messager
Evangélique", hebdomadaire des Eglises luthérienne et réformée d’Alsace et
de Lorraine, daté du 4 octobre 1987, a lançé aux maires de la région.
les candidats à la présidence de la République doivent en effet recueillir au moins 500 signatures d’élus pour pouvoir soumettre leur nom au
suffrage des électrices et des électeurs.
C’est en tant que chrétiens que les signataires de l’appel s’opposent
"radicalement à Jean-Marie Le Pen et à ses thèses", pour des raisons que
légitime leur lecture de la Bible. Ils précisent : "Nous y lisons que toute
tentative de destruction du peuple juif, porteur de l’espérance que Dieu
veut faire sa demeure parmi les hommes, est tot ou tard sanctionnée par
l’autodestruction de l’agresseur. Cette affirmation biblique s’est vérifiée
pour l’ancienne Babylone aussi bien que pour l’Allemagne nazie. Minimiser
cette réalité est une forme de blasphème".
Nous y lisons aussi que Dieu a voulu s’incarner en Jésus-Christ, descendant de David et membre du peuple juif. Ce Jésus a été crucifié pour avoir
montré dans son existence quotidienne que le Dieu Vivant se plaçait
délibérément du coté des pauvres, des persécutés et des étrangers sans
défense. Contester cette volonté divine est une forme de blasphème.
Nous y lisons enfin que l’Etat a été institué par Dieu. Il n’est pas
sacré pour autant. Il a été donné aux hommes "à cause de la dureté de leur
coeur", parce qu’ils sont apparemment incapables de se maintenir à la fois
dans la justice et dans la liberté. L’Etat qui renoncerait à faire régner
la paix, à protéger les faibles et à faire justice sans discrimination raciale, religieuse ou idéologique, est un Etat qui perd sa légitimité. Ambitionner la magistrature supreme en voulant fonder sa légitimité autrement
est une forme de blasphème.
En conséquence de ce qui précède, nous demandons à tous les maires protestants de nos régions d’Alsace et de Moselle, quelle que soit leur appartenance politique, de ne pas cautionner par leur signature la candidature
de Jean-Marie Le Pen à la présidence de la République française. Nous demandons à ceux qui auraient déjà signé de retirer leur signature. Ceci vaut
tout autant, c’est l’évidence, pour les conseillers généraux et les parlementaires". (apic/bip/cor)