Allemagne: Pax Christi International s’inquiète (011092)
Bonn, 1eroctobre(APIC) Des délégués de Pax Christi d’Autriche, de Belgique, du Danemark, de France, d’Allemagne, des Pays-Bas et des Etats-Unis
ont exprimé "leur profonde préoccupation" au sujet d’un programme allemand
de rapatriment d’environ 136’000 demandeurs d’asile roumains qui résident
actuellement en Allemagne, lors d’un récent séminaire organisé par Pax
Christi International tenu à Herzogenrath (Allemagne) sur le thème "Réfugiés, migrants et xénophobie".
Un communiqué de presse laconique du 24 septembre émanant du bureau du
ministre allemand de l’Intérieur ne donne que "de vagues détails sur l’accord signé entre l’Allemagne et la Roumanie", constate Pax Christi International. Il ne mentionne en tout cas pas l’origine ethnique des personnes
qui seront rapatriées de force. Or, selon les experts, il s’agit pour la
plupart de Roms et de Sintis, mieux connus sous le nom de Tziganes.
En outre, constatent les délégués de Pax Christi, on ne trouve dans le
communiqué du ministre allemand de l’Intérieur aucun indice d’une préoccupation humaine pour le bien-être que trouveront en Roumanie des personnes
qui y seront renvoyées.
Le bureau du ministre de l’Intérieur fournit tout de même une précision:
le gouvernement allemand financera le rapatriement forcé. Il prévoit à cet
effet une somme d’environ 30 millions de marks pour l’établissement de
136’000 personnes, soit 220 marks par personne. Hormis un passage du communiqué indiquant que trois "centres d’éducation professionnels" seront
installés en 1992, on ignore tout de la destination de cet argent.
Pour Pax Christi International, "vu le passé récent de l’Allemagne, ce
rapatriement de masse pourrait bien évoquer de pénibles souvenirs". Un gouvernement "soucieux du processus démocratique et du respect de la loi ne
devrait pas s’engager dans une action qui viole la dignité humaine d’une
population déjà opprimée". Le mouvement catholique international pour la
paix estime que ce rapatriement forcé "peu judicieux, insensible et inhumain" est susceptible "de miner les principes sur lesquels reposent nos bases politiques". (apic/cip/pr)