Des "murs spirituels" entre les deux parties de l’Allemagne
Dresde-Meissen, 18 février(APIC) Mgr Joachim Reinelt, évêque de DresdeMeissen en ex-RDA, craint que, bien que le Mur de Berlin ait été démantelé,
les "murs spirituels" ne disparaissent jamais entre l’ancienne RDA et la
RFA si l’on continue à disqualifient publiquement les Allemands de l’Est en
les considérant comme de présumés collaborateurs de la Stasi.
Mgr Reinelt déplore les rapports sur la Stasi - la police secrète de
l’Allemagne communiste - publiés par de nombreux médias d’Allemagne fédérale et jugeant sommairement les Allemands de l’Est.
L’évêque de Dresde-Meissen a cependant reconnu que l’Eglise doit, "comme
tous les autres", se demander si des collaborateurs informels du Ministère
de la Sécurité de l’Etat (MfS) n’ont pas été actifs dans ses rangs. Chaque
cas doit être "soigneusement examiné", et en aucun cas, des gens doivent
être soumis à des "jugements à l’emporte-pièce".
Des "taupes" partout
C’est un fait que la Stasi avait déployé d’énormes moyens en hommes et
en matériel pour infiltrer l’Eglise et il n’y a pas un jour sans que l’on
découvre le rôle joué par des "taupes" ou des collaborateurs informels de
l’ancien MfS dans l’entourage de personnalités ecclésiastiques ou dans les
milieux religieux. Ainsi, les chrétiens qui militaient pour la paix dans
l’ex-RDA n’ont pas seulement été systématiquement surveillés, mais également infiltrés par des collaborateurs informels de la Stasi, qui ont essayé
d’influencer le mouvement.
Le Père Eberhard Prause, de longues années durant aumônier catholique
des étudiants à Dresde et à Leipzig, vient de découvrir dans les dossiers
de la Stasi que des étudiants, et parmi eux même un des principaux piliers
de la communauté étudiante catholique, étaient des "collaborateurs informels". L’aumônier des étudiants a été lui-même surveillé par une dizaine de
ces informateurs jusqu’en 1985.
Le Père Prause a même trouvé dans les fiches de la Stasi un plan destiné
à faire de lui un collaborateur des services de sécurité est-allemands,
comme cela a été le cas avec d’autres membres de l’Eglise. Dans le document
de 70 pages qui le concerne, l’aumônier des étudiants a découvert notamment
une "analyse des controverses" que le "candidat" avait eues avec son évêque
ou les autorités de l’Eglise. (apic/kna/be)