"Le développement est le meilleur moyen contraceptif"
Francfort, 10 mars(APIC) Il y a des limites à ne pas dépasser dans la
croissance de la population mondiale, a déclaré Mgr Franz Kamphaus, évêque
de Limbourg, dans la "Frankfurter Allgemeine Zeitung". Mgr Kamphaus, qui
préside la sous-commission "développement" de la Conférence épiscopale allemande, estime que cela implique aussi qu’il faut respecter des limites
dans la croissance de la population pour le bien des enfants qui viendront
au monde. Mais pour l’évêque allemand, le meilleur moyen de lutter contre
l’explosion démographique dans le tiers monde, ce ne sont pas les contraceptifs, mais le développement.
Dans un article publié lundi par le grand quotidien de Francfort, Mgr
Kamphaus souligne que parce que la raison fondamentale de la rapide croissance de la population dans les pays en voie de développement est la pauvreté, on ne peut faire face de manière radicale et durable à cette croissance que par un développement global. Et l’évêque allemand de déclarer:
"Le développement est pour ainsi dire le moyen le plus sûr et le plus irréprochable moralement, en fait le ’moyen de contraception’ vraiment exigé".
Les conditions socio-économiques et socio-culturelles sont déterminantes
pour la croissance de la population, écrit Mgr Kamphaus. Des appels moraux
qui ignorent ces conditions tombent dans le vide, comme les campagnes superficielles en faveur de la contraception.
Mgr Kamphaus déplore que le discours de l’Eglise sur la question de la
démographie soit trop orienté sur l’éthique sexuelle et sur la personne en
tant qu’individu. Il serait plus utile et cela permettrait d’aller plus
loin si l’enseignement de l’Eglise se libérait dans cette affaire du cadre
étroit de la morale sexuelle et du hors-jeu dans lequel elle se trouve en
matière de politique démographique et faisait de la croissance de la
population un thème de l’enseignement social catholique.
Ce que l’Eglise catholique encourage
Jusqu’à présent, dans les encycliques sociales, le problème a seulement
été effleuré, mais pas vraiment abordé. Certes, la réflexion sur la croissance de la population ne doit pas commencer par les méthodes de limitation
des naissances ou même se fixer là-dessus, mais on ne peut pas passer outre
à la question d’une régulation des naissances responsable, écrit encore
l’évêque de Limbourg. Il souligne qu’une régulation des naissances responsable, d’après l’enseignement catholique, est non seulement tolérée, mais
constitue un devoir moral.
En ce qui concerne les méthodes, l’enseignement de l’Eglise s’en tient
aux méthodes naturelles de régulation des naissances, se basant sur le
rythme biologique de la femme, à l’exclusion des moyens chimiques ou mécaniques. Les méthodes naturelles correspondent totalement à la dignité de la
personne et ne sont pas trop compliquées pour leur mise en oeuvre dans les
pays en voie de développement, souligne Mgr Kamphaus. Il concède cependant
que la "voie royale de la morale" ne peut être atteinte que pas à pas. Celui qui parle d’une option préférentielle pour les pauvres doit aussi leur
donner la possibilité d’un planning familial praticable dans leur
situation.
Mgr Kamphaus affirme que l’avortement n’est pas un moyen acceptable de
régulation des naissances. D’un point de vue moral, il faut faire une distinction claire entre avortement et contraception. Pour l’évêque allemand,
"la contraception est meilleure que l’avortement". (apic/kna/mp)