"Le développement est le meilleur moyen contraceptif"
Francfort, 9 mars(APIC) Il y a des limites à ne pas dépasser dans la
croissance de la population mondiale, estime Mgr Franz Kamphaus, évêque de
Limbourg en Allemagne. Cela implique aussi qu’il faut respecter des limites
pour le bien des enfants qui viendront au monde.
Dans un article publié lundi dans la "Frankfurter Allgemeine Zeitung",
l’évêque qui préside la sous-commission "développement" de la Conférence
épiscopale allemande, souligne, que parce que la raison fondamentale de la
croissance abrupte de la population dans les pays en voie de développement
est la pauvreté, on ne peut faire face à cette croissance radicale et
durable que par un développement correspondant. Mgr Kamphaus déclare: "Le
développement est le moyen le plus sûr et moralement irrécusable de la
contraception souhaitée". Les conditions sociales économiques et
culturelles sont déterminantes pour la croisssance de la population. Des
appels moraux qui ignorent ces conditions tombent dans le vide, comme les
campagnes superficielles de contraception.
Mgr Kamphaus déplore que le discours de l’Eglise sur la question de la
démographie soit trop orienté sur l’éthique sexuelle et sur chaque
individu. Il serait plus enrichissant et plus stimulant de se libérer du
cadre étroit de la morale sexuelle à l’écart de la politique de la
population, et de faire de la croissance de la population un thème de
l’enseignement social catholique. Dans les encycliques sociales, le
problème, jusqu’à présent a été seulement évoqué, mais pas abordé. Certes
la réflexion sur la croissance de la population ne doit pas commencer par
les méthodes de contraception ou se fixer la-dessus, mais la question d’une
régulation des naissances responsable ne peut pas être écartée, écrit
l’évêque. Il souligne que la régulation des naissances est d’après
l’enseignement catholique, non pas seulement tolérée, mais constitue un
devoir moral.
En ce qui concerne les méthodes, l’enseignement de l’Eglise s’en tient
aux méthodes de régulation naturelles des naissances excluant les moyens
chimiques ou mécaniques, en se basant sur le cycle de fécondité de la femme. Les méthodes naturelles se basent sur la dignité personnelle et ne sont
pas trop compliquées pour leur mise en oeuvre dans les pays en voie de développement, a souligné Mgr Kamphaus. Il concède cependant que la "voie
royale de la morale" ne peut être atteinte que pas à pas. Celui qui parle
d’une option préférentielle pour les pauvres doit aussi leur donner la possibilité d’un planning familial praticable.
Mgr Kamphaus constate aussi que l’avortement n’est pas un moyen responsable de régulation des naissances. Moralement il faut faire une distinction claire entre avortement et régulation des naissances. La contraception
est meilleure que l’avortement". (apic/kna/mp)