Suspension "de facto" d’Eugen Drewermann, estime son défenseur
Paderborn, 27 mars(APIC) L’archevêque de Paderborn, Mgr Johannes Joachim
Degenhardt a souligné, dans une lettre ouverte publiée jeudi, que le prêtre
contestataire Eugen Drewermann "n’a plus de mandat" et qu’il "ne doit plus
exercer son sacerdoce jusqu’à nouvel avis". Cette situation est la conséquence de la décision de Drewermann de ne plus exercer ses fonctions sacerdotales tant que l’interdiction de prédication et d’enseignement dont il
est l’objet ne serait pas levée. Du côté des défenseurs du théologien, on
déclare que la lettre de l’archevêque "a dans les faits l’effet d’une suspension, sans en être une".
Contrairement à certaines informations de presse, Drewermann n’a pas été
suspendu par le Vatican. La lettre de Mgr Degenhardt n’est pas une suspension au sens du droit canon, mais a des conséquences comparables. Elle constitue en fait un acte administratif par lequel Mgr Degenhardt interdit à
Eugen Drewermann d’exercer ses fonctions sacerdotales.
Le conseiller de Drewermann, Peter Eicher, a déclaré à la presse que le
théologien n’entreprendrait rien contre cette nouvelle mesure. Selon P. Eicher, la lettre de l’archevêque "a dans les faits l’effet d’une suspension,
sans en être une". La lettre de l’archevêque souligne que les conditions
pour un retrait des sanctions contre Eugen Drewermann ne sont pas remplies
et qu’il n’a fait pour qu’elles le soient. Mgr Degenhardt exprime son regret face à la décision de Drewermann de suspendre l’exercice de son sacerdoce, mais il respecte en même temps cette décision. Il garde cependant
l’espoir que le théologien rebelle se ravise et il se déclare toujours prêt
à un dialogue personnel avec Drewermann.
Eugen Drewermann a de nouveau annoncé quelques actions provocatrices :
il a l’intention de donner, à leur demande, le sacrement du mariage à des
personnes divorcées qui veulent se remarier. Il n’hésitera pas non plus à
célébrer le mariage religieux de personnes qui ne veulent pas le faire devant l’état civil. Le vicariat général du diocèse de Paberborn a déclaré
que Drewermann violerait alors la loi de façon flagrante. Le remariage de
personnes divorcées n’est pas seulement une infraction au droit de l’Eglise, mais du mépris à l’égard de la doctrine de l’Eglise sur l’indissolubilité du mariage. Les personnes concernées doivent savoir qu’un tel mariage
est non seulement non autorisé, mais également invalide. De même un mariage
religieux, sans la conclusion préalable du mariage civil, n’est pas conforme au droit ecclésiastique. Eugen Drewermann aurait en outre besoin d’un
mandat particulier qu’il n’a pas. (apic/kna/mp)