Allemagne: les partisans de l’avortement n’ont pas leur (280892)
Vives critiques contre la CDU
Berlin, 28août(APIC) "L’Eglise doit congédier les collaborateurs des services pastoraux qui soutiennent la nouvelle légistation sur l’avortement
telle qu’elle a récemment été approuvée par une majorité au Bundestag et au
Bundesrat": c’est ce qu’écrit le cardinal Joachim Meisner, archevêque de
Cologne, dans une lettre dont la teneur vient d’être révélée par l’agence
de presse catholique allemande KNA. Une violente critique contre la CDU est
par ailleurs lancée par le cardinal
Ce qui est en jeu dans le débat sur l’avortement, c’est "le dogme fondamental de l’anthropologie chrétienne", écrit le cardinal, et "quiconque
s’écarte du magistère sur ce point ne peut se dire chrétien". Dans un tel
débat, personne ne peut non plus en appeler à "sa propre conscience", affirme l’archevêque de Cologne, avant d’ajouter: "La foi catholique ne reste
catholique que pour autant qu’elle s’enracine dans le monde et dans la réalité du monde, et ne reste pas confinée à la sacristie ou à l’église".
Le cardinal Meisner renouvelle ses critiques à propos de l’attitude d’un
certain nombre de parlementaires de la CDU, le parti démocrate-chrétien allemand. "Personne n’a le droit de s’approprier le nom du Christ quand il
apparaît qu’il adopte des positions qui sont foncièrement antichrétiennes",
affirme-t-il. Et de suggérer que dans son sigle la CDU "laisse tomber le
C". Ce qui ne veut pas dire que les chrétiens doivent renoncer à faire de
la politique, précise-t-il aussitôt. "Mais du moins les catholiques doivent-ils choisir le parti qui défend le mieux les positions chrétiennes: on
trouve ailleurs également, par exemple au SPD (les sociaux-démocrates),
"des chrétiens convaincus" qui n’ont pas renié leurs convictions chrétiennes.
Conscience ou loi du plus fort?
Ce n’est pas précisément ce qui ressort d’une autre lettre publiée jeudi
par KNA. Elle émane cette fois du secrétaire de la Conférence épiscopale
allemande, Mgr Wilhelm Schätzler, qui répond à la trésorière du SPD, Inge
Wettig-Danielmeier. Celle-ci avait pris l’intitative d’écrire à la Conférence épiscopale pour défendre la nouvelle législation en matière d’avortement. Elle faisait valoir que "ce n’est pas le rôle de l’Etat de faire passer dans les lois des principes religieux", et renvoyait à l’adage: "A chacun selon sa conscience".
Dans sa lettre, Mgr Schätzler défend "le droit et le devoir de l’Eglise
de se mêler activement de la formation de l’opinion et du débat sur l’avortement". Pour lui, ce ne sont pas des "principes religieux" qui sont ici en
cause, mais des normes morales et juridiques "qui sont le fondement de la
civilisation", et "la défense des droits de l’homme".
Le secrétaire de la Conférence épiscopale allemande déplore en conclusion que de nombreuses personnes, dans ce débat, "en appellent trop facilement à la conscience" pour justifier ce qui est en fait "la loi du plus
fort". (apic/cip/pr)