Allemagne: les dirigeants des Eglises protestantes (021190)
Berlin, 02novembre(APIC) Le président du groupe de travail protestant des
Partis démocrate-chrétien et social-chrétien allemands (CDU/CSU), Peter
Hintze, a admis l’existence d’un document confidentiel sur les mouvements
et groupes qui agissaient pour le compte des Eglises protestantes de l’ancienne République démocratique allemande (RDA). Ce fichier, qui analyse
l’évolution des Eglises, contient en outre des appréciations concernant
l’attitude de certains responsables et donne des "notes de conduite" aux
Eglises.
On apprend ainsi que le président de la Fédération des Eglises protestantes de l’ex-RDA, l’évêque Christoph Demke, est étiqueté comme "un homme
du centre gauche qui cherche à accentuer le profil social de l’Eglise auprès de la classe ouvrière". Le doyen Heino Falcke, d’Erfurt, engagé dans
le processus oecuménique "Justice, Paix, Sauvegarde de la Création" passe,
lui, pour être "le porte-parole de ces apologètes gauchistes qui cherchent
à justifier un socialisme révolu". Jugement critique également à l’égard du
président du Consistoire de Berlin, Manfred Stolpe, qui vient d’être élu
ministre-président du Brandebourg, accusé pour sa part d’être "fondamentalement socialiste".
Les manoeuvres ds deux partis allemands, impliqués dans ce scandale des
fiches, selon des sources internes aux Eglises, sont destinées à renforcer
leur influence au sein de ces mêmes Eglises. Mais elles visent en particulier l’évêque Gottfried Forck (Berlin-Est), "plutôt à gauche" et coupable
d’avoir "critiqué injustement et de manière polémique la façon dont le DM
avait été introduit en RDA" (juillet 1990). L’évêque Forck s’était en outre
permis - suprême péché aux yeux de ce parti - de reprocher au gouvernement
de l’ex-RFA de tout faire pour augmenter en RDA le nombre des candidats à
l’émigration.
Si les dirigeants d’autres Eglises régionales trouvent grâce auprès du
CDU et du CSU (les uns sont qualifiés de "conservateurs modérés", les autres de "neutres"), le document note, non sans désapprobation, que ce sont
les réformés de Berlin-Brandebourg "qui se singularisent par la fréquence
de leurs déclarations au sujet de questions politiques".
Le document recommande enfin aux personnalités politiques de marquer une
plus grande présence au sein de certains mouvements d’Eglise dans le but
d’"éviter que le protestantisme de l’ancienne RDA, déjà marqué par un débat
de gauche et dominé par les Verts et les Alternatifs, glisse encore davantage dans le camp des mouvements pour la paix". La recommandation faite aux
personnalités politiques d’infiltrer les mouvements pour la paix (réd. la
redoute-t-on à ce point?) s’accompagne de l’argumentation selon laquelle le
moment est "particulièrement opportun car les responsables des Eglises protestantes se trouvent actuellement dans une phase de désorientation".
(apic/spi/pr)